‹ Odes et ballades (volume 2)Chapitre 8 sur 216 · LIVRE I, ODE II. ii · texte numérisé non relu

LIVRE I, ODE II. ii

« Si, pauvre et délaissé, le citoyen fidèle, Lorsqu'un traître enrichi se rirait de sa foi , Entendait au sénat calomnier son zèle

Par celui qui jugea son Roi ; Si, pour comble d'affronts, un magistral injuste ,

Déguisant sous un nom auguste

L'abus d'un insolent pouvoir, Venait , de vils soupçons chargeant sa noble tête , Lui demander ce fer, sa première conquête , —

Peut-être son dernier espoir ;

« Qu'il se résigne alors ! — Par ses crimes prospères , L'impie heureux insulte au fidèle souffrant : Mais que le juste pense aux forfaits de nos pères,

Et qu'il songe à son Dieu mourant.

Lé Seigneur veut parfois les triomphes du vice ;

Il veut aussi , dans sa justice ,

Que l'innocent verse des pleurs; Souvent, dans ses desseins , Dieu suit d'étranges voies , Lui qui livre Satan aux infernales joies ,

Et Marie aux saintes douleurs ! »

Le vieillard s'arrêta. Sans croire à son langage,

Ils quittèrent ces bords pour n'y plus revenir;

Et tous croyaient couvert des ténèbres de l'âge L'esprit qui voyait l'avenir!

Ainsi , faible en soldats , mais fort en rehpmmée , Ce débris d'une illustre armée Suivait sa bannière en lambeaux ;

\t LA VENDÉE.

Et ces derniers Français, que rien ne put défendre, Loin de leur temple en deuil et de leur chaume en cendre, Allaient conquérir des tombeaux !

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