BAPTÊME DU DIT DR BORDEAUX
L'Enfant , quand du Seigneur sur lui brille l'aurore ,
Ignore le martyre et sourit à la croix;
Mais un autre baptême , liélas ! attend encore
Le front infortuné des Rois. — Des jours Tiendront, jeune homme, où ton âme troublée,
Du fardeau d'un peuple accablée ,
Frémira d'un effroi pieux , Quand l'Évêque sur toi répandra l'huile austère , Formidable présent qu'aux maîtres de la terre
La colombe apporta des deux.
Alors! 6 Roi chrétien, au Seigneur sois semblable ; Sache être grand par toi , comme il est grand par lui : Car le sceptre devient un fardeau redoutable
Dès qu'on veut s'en faire un appui.
Un vrai Roi sur sa tête unit toutes les gloires ;
Et si , dans ses justes victoires ,
Par la mort il est arrêté , 11 voit, comme Bayard, une croix dans son glaive, Et ne fait, quand le ciel à ta terre l'enlève ,
Que changer d'immortalité !
A LA MUSR.
Je vais, o Muse, où tu m'envoies î Je ne sais que verser des pleurs , Mais qu'il soit fidèle à leurs joies , Ce luth fidèle à leurs douleurs !
Ma voix , dans leur récente histoire , S'a point, sur des tons de victoire, Appris à louer le Seigneur.
O Rois, victimes couronnées!
Lorsqu'on chante vos destinées , On sait mal chanter le bonheur.
Mai 1821.