LA VOIX
» Oui-: l'épouvante enfin t'éclaire!
» C'est moi qui marque leur séjour » Aux réprouvés de ma colère, » Comme aux élus de mon amour. » Qu'un rayon tombe de ma face , » Soudain tout s'anime ou s'efface, » Tout naft ou retourne au tombeau.
» Mon souffle , propice ou terrible , » Allume l'incendie horrible , » Comme il éteint le pur flambeau !
» Que l'oubli muet te dévore.
LE SIÈCLE
>» — Seigneur, votre bras s'est levé :
» Seigneur, le maudit vous implore!
la voix.
» Non ; tais-toi , Siècle réprouvé î
LE SIÈCLE
» — Eh bien donc ! l'Age qui va naître » Absoudra mes forfaits peut-être » Par des forfaits plus odieux ! »
Ici gémit l'humble Espérance, Et le bel Ange de la France De son aile voila ses yeux.
ODE ONZIEME. 4 i
« Va , ma. main t'ouvre les abîmes ; » Un siècle nouveau prend l'essor ; » Mais, loin de t'absoudre , ses crimes, » Maudit ! t'accuseront encor. »
Et comme l'ouragan qui gronde »
Chasse à grand bruit jusque sur l'onde Le flocon vers les mers jeté , Long-temps la Voix inexorable Poursuivit le Siècle coupable , Qui tombait dans l'Éternité.