‹ Odes et ballades (volume 3)Chapitre 21 sur 142 · LA VOIX · texte numérisé non relu

LA VOIX

» Oui-: l'épouvante enfin t'éclaire!

» C'est moi qui marque leur séjour » Aux réprouvés de ma colère, » Comme aux élus de mon amour. » Qu'un rayon tombe de ma face , » Soudain tout s'anime ou s'efface, » Tout naft ou retourne au tombeau.

» Mon souffle , propice ou terrible , » Allume l'incendie horrible , » Comme il éteint le pur flambeau !

» Que l'oubli muet te dévore.

LE SIÈCLE

>» — Seigneur, votre bras s'est levé :

» Seigneur, le maudit vous implore!

la voix.

» Non ; tais-toi , Siècle réprouvé î

LE SIÈCLE

» — Eh bien donc ! l'Age qui va naître » Absoudra mes forfaits peut-être » Par des forfaits plus odieux ! »

Ici gémit l'humble Espérance, Et le bel Ange de la France De son aile voila ses yeux.

ODE ONZIEME. 4 i

« Va , ma. main t'ouvre les abîmes ; » Un siècle nouveau prend l'essor ; » Mais, loin de t'absoudre , ses crimes, » Maudit ! t'accuseront encor. »

Et comme l'ouragan qui gronde »

Chasse à grand bruit jusque sur l'onde Le flocon vers les mers jeté , Long-temps la Voix inexorable Poursuivit le Siècle coupable , Qui tombait dans l'Éternité.

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