‹ Odes et ballades (volume 3)Chapitre 30 sur 142 · LA LIBERTÉ · texte numérisé non relu

LA LIBERTÉ

Et de Ion, en passant, le peuple peut connaître

Où sont les plaisirs de son maître, A la tête qui pend aux portes du sérail.

Peuple heureux! éveillant la révolte hardie, Parmi ses toits troublés , dans l'ombre bien souvent , L'inquiet jan ; ssa ; re égare l'incendie

Sur l'a : Ie bruyante du vent.

Peuple heureux! d'un visir sa vie est le domaine;

In poison, que la mort promène,

Flétrit son rivage infecté; L'esclavage le courbe au joug de l'épouvante : Peuple trois fois heureux! divins sages qu'on vante,

Il n'a pas votre Liberté!

O France ! c'est au ciel , qu'en nos jours d<> colère , A fui la Liberté , mère des saints exploits ; Il faut, pour réfléchir cet astre tutélaire, Que, pur dans tous ses flots, le fleuve populaire Coule à l'ombre du trône appuyé sur les lois.

In Dieu du joug du mal a délivré le monde.

Parmi les opprimés il vint prendre son rang; Rois! — en vœux fraternels sa parole est féconde;

Peuple! — il fut pauvre, humble et souffrant. La Liberté sourit à toutes les victimes ,

A tous les dévoûments sublimes ,

Sauveurs des états secourus; A ses yeux la Vendée est sœur des Thermopyles : Et le même laurier, dans les mêmes asiles ,

Unit Malesherbe et Codrus.

Quand l'impie a jtorté l'outrage au sanctuaire,

Tout fuit le temple en deurl, de splendeur dc|touillc;

Mais le prêtre fidèle , assis dans la poussière , Prodigue plus d'encens , répand plus de prière , Courbe plus bas son front devant l'autel souillé.

Juillet 1823.

Page 1