‹ Odes et ballades (volume 3)Chapitre 87 sur 142 · MON ENFANCE · texte numérisé non relu

MON ENFANCE

Voilà que tout cela est passé mon enfance n'est plus;

elle est morte, pour ainsi dire, quoique je vive encore. Saint Augustin. Confession».

J'ai des rêves de guerre en mon âme inquiète; J'aurais été soldat, si je n'étais poète.

Ne tous étonnez point que j'aime les guerriers ! Souvent , pleurant sur eux , dans ma douleur muette , J'ai trouvé leur cyprès plus beau que nos lauriers.

Enfant , sur un tambour ma crèche fut posée.

Dans un casque pour moi l'eau sainte fut puisée. Un soldat, m 'ombrageant d'un belliqueux faisceau, De quelque vieux lambeau d'un bannière usée Fit les langes de mon berceau.

Parmi les chars poudreux , les armes éclatantes , Une muse des camps m'emporta sous les tentes; Je dormis sur l'affût des canons meurtriers ; J'aimai les fiers coursiers, aux crinières flottantes, Et l'éperon froissant les rauques étriers.

J'aimai les forts tonnants , aux abords difficiles ; Le glaive nu des chef3 guidant les rangs dociles , La vedette perdue en un bois isolé , Et les vieux bataillons qui passaient dans les villes , Avec un drapeau mutilé,

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