LIVRE TROISIEME
Page 161. Et ces règnes sanglants, et ces hideuses fêtes, Où, sur un échafaud se proclamant prophètes, Des bourreaux créaient rÉterncl !
A Reims, nos rois s'enorgueillissaient de recevoir leur royauté de Dieu ; durant la Révolution, il y eut au champ de Mars une fête où un homme (et cet homme était Robespierre !) Cx"ut pouvoir conférer à Dieu la divinité. Ce rapprochement a, ce nous semble, quelque chose de saisissant pour la pensée. Il fait voir à nu le bouleversement des choses, et montre à quel point le monstrueux .égarement de Torgueil peut intervertir l'ordre primitif des idées. {Édition originale. Plaquette^ 1825.)
Page 162. Elle vient, échappée aux profanations...
Le 6 octobre 1793, la sainte-ampoule, qui, depuis quatorze siècles, déposée dans le tombeau de saint-Remy, était en vénération dans l'église de Reims, fut brisée par un commissaire de la Convention sur le piédestal de la statue de Louis XV ; mais les espérances sacrilèges des impies qui voulaient anéantir ce monument de la piété furent trompées. Des mains fidèles parvinrent à recueillir des fragments de la sainte-ampoule, et une partie du baume qu'elle renfermait, ainsi qu'il est constaté par un procès- verbal authentique, déposé au greffe du tribunal de Reims.
Livre d-es prières et cérénuyjùes du Sacre, publié pov ordre de M. l'archevêque de Reims, (ÉdUion origim^. Plaquette., 1825.)
Pa^e 163.
Charles srra sacré suivant l'ancien usage, Couiuxe Salomon, le roi sage.
Qui goûta les célestes mets, Quand Sadoch et Nathan d'un baume l'arrosèrent, Et, s' approchant de lui, sur le front le baisèrent,
En disant : Qu'il vive à jamais !
« Unxerunt Salomonem Sadoch sacerdos et Nathan propheta regem in Sion, » etc. {Prières du sacre.)
Page 164. Puis le roi se prosterne, et les évêques disent : Seigneur, ayez pitié de nous !
« Le roi se prosterne, et on récite les litanies :