‹ Odes et balladesChapitre 123 sur 152 · LE DERVICHE · texte numérisé non relu

LE DERVICHE

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Panago Soutzo.

Quand la perte d'un mortel est écrite dans le livre fatal de la destinée, quoi qu'il fasse il n'échappera jamais à son funeste avenir ; la mort le poursuit partout ; elle le surprend même dans son lit, suce de ses lèvres avides son sang, et l'emporte sur ses épaules.

Un jour Ali passait : les têtes les plus hautes

Se courbaient au niveau des pieds de ses amantes ;

Tout le peuple disait : Allah !

Un derviche soudain, cassé par l'âge aride. Fendit la foule, prit son cheval par la bride.

Et voici comme il lui parla :

« Ali-Tépéléni, lumière des lumières.

Oui sièges au divan sur les marches premières.

Dont le grand nom toujours grandit, Écoute-moi, vizir de ces guerriers sans nombre. Ombre du padischah qui de Dieu môme est l'ombre.

Tu n'es qu'un chien et qu'un maudit !

« Un flambeau du sépulcre à ton insu t'éclaire. Comme un vase trop plein tu répands ta colère

Sur tout un peuple frémissant ; Tu brilles sur leurs fronts comme une f auîx dans l'herbe Et tu fais un ciment à ton palais superbe

De leurs os broyés dans leur sang.

((Mais ton jour vient. Il faut, dans Janina qui tombe Que sous tes pas enfin croule et s'ouvre la tombe ;

Dieu te garde un carcan de fer Sous l'arbre du segjin chargé d'âmes impies Qui sur ses rameaux noirs frissonnent accroupies.

Dans la nuit du septième enfer !

«Ton âme fuira nue ; au livre de tes crimes Un démon te lira les noms de tes victimes ;

Tu les verras autour de toi.

Ces spectres, teints du sang qui n'est plus dans leurs veines be presser, plus nombreux que les paroles vames

Que balbutiera ton effroi !

« Ceci t'arrivera, sans que ta forteresse Ou ta flotte te puisse aider dans ta détresse

De sa rame ou de son canon ; Quand même Ali-Pacha, comme le juif immonde ir-our tromper l'ange noir qui l'attend hors du monde

En mourant changerait de nom î *>

Ali sous sa pelisse avait un cimeterre,

Un tromblon tout chargé, s'ouvrant comme un cratère

^ Trois longs pistolets, un poignard ;

11 écouta le prêtre et lui laissa tout dire, Pencha son front rêveur, puis avec un sourire Donna sa pelisse au vieillard.

S novembre i8«^

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