‹ Odes et balladesChapitre 62 sur 152 · PAYSAGE · texte numérisé non relu

PAYSAGE

Hoc erat in votis !

Horace.

Lorsque j'étais enfant : « Viens, me disait la Muse, Viens voir le beau génie assis sur mon autel ! Il n'est dans mes trésors rien que je te refuse, Soit que l'altier clairon ou l'humble Cornemuse Attendent ton souffle immortel.

« Mais fuis d'un monde étroit l'impure turbulence ; Là, rampent les ingrats, là, régnent les méchants. Sur un luth inspiré lorsqu'une âme s'élance, Il faut que, l'écoutant dans un chaste silence. L'écho lui rende tous ses chants !

« Choisis quelque désert pour y cacher ta vie. Dans une ombre sacrée emporte ton flambeau. Heureux qui, loin des pas d'une foule asservie. Dérobant ses concerts aux clameurs de l'envie, Lègue sa gloire à son tombeau I

« L'horizon de ton âme est plus haut que la terre. Mais cherche à ta pensée un monde harmonieux, Où tout, en l'exaltant, channe ton cœur austère. Où des saintes clartés, que nulle ombre n'altère. Le doux reflet suive tes yeux.

« Qu'il soit un frais vallon, ton paisible royaume,

Où, parmi l'églantier, le saule et le glaïeul.

Tu penses voir parfois, errant comme un fantôme.

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