‹ Odes et balladesChapitre 68 sur 152 · A UNE JEUNE FILLE · texte numérisé non relu

A UNE JEUNE FILLE

Pourquoi te plaindre, tendre fille ? Tes jours n'appartiennent-ils pas à la première jeunesse ?

Daïno lithuanien.

Vous qui ne savez pas combien l'enfance est belle. Enfant ! n'enviez point notre âge de douleurs, Où le cœur tour à tour est esclave et rebelle, Où le rire est souvent plus triste que vos pleurs.

Votre âge insouciant est si doux qu'on l'oublie ! Il passe, comme un soufQe au vaste champ des airs. Comme une voix joyeuse en fuyant affaiblie. Comme un alc3"on sur les mers.

Oh ! ne vous hâtez point de mûrir vos pensées ! Jouissez du matin, jouissez du printemps ; Vos heures sont des fleurs l'une à l'autre enlacées ; Ne les effeuillez pas plus vite que le temps.

Laissez venir les ans ! Le destin vous dévoue. Comme nous, aux regrets, à la fausse amitié, A ces maux sans espoir que l'orgueil désavoue, A ces plaisirs qui font pitié.

Riez pourtant ! du sort ignorez la puissance ; Riez ! n'attristez pas votre front gracieux. Votre œil d'azur, miroir de paix et d'innocence. Qui révèle votre âme et réfléchit les cieux l

Février 1825,

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