Parabase des Oiseaux, traduction de M. Artaud
lO PREFACE.
« sommes fils de l'Amour, mille preuves Tat- (i testent i. »
J'entre dans un théâtre de genre à l'instant précis oîi la salle croule sous les bravos. En effet, le rideau s'est levé sur un décor aussi hideux qu'un véritable salon bourgeois. Aux fenêtres, de vrais rideaux en damas laiiie et soie attachés avec de vraies torsades de passementerie à de vraies patères en cuivre estampé. Sur la cheminée, une vraie pendule de Richond. Puis de vrais meubles et une vraie lampe avec un vrai abat-jour rose en papier gaufré. Voici un vrai comédien qui met ses vraies mains dans ses vraies poches ; il fume un vrai cigare; il dit : Qu'est-ce que t'as? comme un vrai commis de nouveautés; les applaudissements roulent comme un tonnerre, et la foule ne se sent pas d'aise. — h Avez-vous vu? Il fume un vrai « cigare! Il a une vraie culotte; regardez comme « il prend bien son chapeau ! Il a dit : Taime Adèle, « tout à fait comme M. Edouard que nous con- (( naissons, lorsqu'il allait épouser Adèle ! » Tu as raison, bon public. Tout cela est réel comme le