‹ Odes funambulesques (volume 2)Chapitre 20 sur 63 · UNE VIEILLE LUNE · texte numérisé non relu

UNE VIEILLE LUNE

MOI

Chère infidèle! eh bien, qu'ôtes-vous devenue? Depuis quinze grands jours vous n'êtes pas venue t Chaque nuit, à Fabri du rideau de satin Ma bougie en pleurant brûle jusqu'au m^tin;

(1) EvoHÉ n'a pas écrit la terrible satire qu'elle annonçait ici : c'était déjà trop de la rêver. Elle n'a pas tenu cette promesse-là ni aucune de ses promesses; c'est ce qui fait sa force. La pauvrette n'a' jamais touché que par jeu à la lyre d'airain : où aurait-elle trouvé assez de fureur et assez de haine pour raençr à hoqt sang fftil)Ur U farouche PAUOOIE HUMAINE r (iVofu de la jçtremière édition.)

ODES FUNAMBULESQUES. Hft

Ift Hi' endors sans tenir votre main adorée,» ^ lorsque Tient TAurore en voiture dorée, 1^ cherche vainement dans les plis des coussins Les deux nids parfumés où s'endorment vos seins, Comme de doux oiseaux sur le marbre des tombes. Qu'en faisiez-vous là-bas de ces blanches colombes I Et tu ne m'aimes plus.

ÉVOHÉ

Je vous aime toujours.

MOI

Un corset un peu juste, une étroite chaussure

Ont-ils égratigné d'une rose blessure

Tes beaux pieds ou ton corps, ces parterres de lys?

Un drap trop dur, froissé par tes ongles polis,

A-t-il enfin meurtri, dans ses neiges tramées.

Ces bijoux rougissants, pareils à des camées?

As-tu brisé ta lyre en chantant Kradoudjaf

Ou bien, dans ces doux vers que l'on aimait déjà,

Ta soubrette Vénus a-t-elle d'aventure

En te frisant le soir, plié ta chevelure?

As-tu perdu te voix et ton gazouillement?

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