UNE VIEILLE LUNE
MOI
Chère infidèle! eh bien, qu'ôtes-vous devenue? Depuis quinze grands jours vous n'êtes pas venue t Chaque nuit, à Fabri du rideau de satin Ma bougie en pleurant brûle jusqu'au m^tin;
(1) EvoHÉ n'a pas écrit la terrible satire qu'elle annonçait ici : c'était déjà trop de la rêver. Elle n'a pas tenu cette promesse-là ni aucune de ses promesses; c'est ce qui fait sa force. La pauvrette n'a' jamais touché que par jeu à la lyre d'airain : où aurait-elle trouvé assez de fureur et assez de haine pour raençr à hoqt sang fftil)Ur U farouche PAUOOIE HUMAINE r (iVofu de la jçtremière édition.)
ODES FUNAMBULESQUES. Hft
Ift Hi' endors sans tenir votre main adorée,» ^ lorsque Tient TAurore en voiture dorée, 1^ cherche vainement dans les plis des coussins Les deux nids parfumés où s'endorment vos seins, Comme de doux oiseaux sur le marbre des tombes. Qu'en faisiez-vous là-bas de ces blanches colombes I Et tu ne m'aimes plus.
ÉVOHÉ
Je vous aime toujours.
MOI
Un corset un peu juste, une étroite chaussure
Ont-ils égratigné d'une rose blessure
Tes beaux pieds ou ton corps, ces parterres de lys?
Un drap trop dur, froissé par tes ongles polis,
A-t-il enfin meurtri, dans ses neiges tramées.
Ces bijoux rougissants, pareils à des camées?
As-tu brisé ta lyre en chantant Kradoudjaf
Ou bien, dans ces doux vers que l'on aimait déjà,
Ta soubrette Vénus a-t-elle d'aventure
En te frisant le soir, plié ta chevelure?
As-tu perdu te voix et ton gazouillement?