livre : contre le dopteur V , qui se figure qu'elle se fabrique
au concours, et grâce à l'amorce d*une médaille; contre les hommes d'État de contrebande, qui ne voient rien au-dessus d'un gros speech et d'un portefeuille rouge (voir La Tristesse d'Oscar); contre les petits critiques, éplucheurs et chicaneurs (voir passim) ; contre les admirateurs de la littérature du demi-monde (voir Reprise de la Lame); contre les applaudisseurs de Nérault, Tassin et Gredelu, c'est-à-dire du cabotinage, et enfin contre cette espèce de gens sensés qui reg?irdqnl le parquet pour voir le ciel, et placent trôs-raisonnableipent leur idéal sous la semelle de Leurs souliers (voir Réalisme, Académie royale de Musique, Bonjour, monsieur Courbet, M. Càquardeau).
C'est dans ces dernières pièces surtout (je parle des plus récentes) qu'on peut remarquer l'alliance presque nouvelle de la fantaisie lyrique et de 1^ fantaisie comique. Henri Heine avait signé le contrat : mais vous, mon cher Banville, vous l'avez parafé des plus njerveilleuses arabesques.
Il y a longtemps déjà que les formules manquent pour célébrer dignement votre habileté consommée dans le maniement du rhythme et de tout ce qui touche à la métrique.
J^ai entendu dire un jour à quelqu'un, qui songeait sans doute au vers de Boileau :
La rime est une eBclavé, et ne doit qu'obéir.
que vous étiez le ccmmandear de la rime. Le mot serait juste en supposant que la rime fût une esclave-maîtresse, battue et caressée de la même main vigoureuse. Je n'ajouterai f ien à ce genre d'éloges. Vous avez montré, selon moi, dans les Odes funambulesques, un mérite plus rare et plus imprévu, mérite singulier que je ne puis exprimer suffisamment que par des comparaisons très-singulières. Enfermant votre livre, je suis poursuivi par trois images qui résument mes impressions. Je vois la Vénus de Milo jouant Colombine, le Bacchus indien mimant Arlequin, et l'Apollon du Belvédère avec les deux bosses de Polichinelle. Si Vénus, sans rien perdre de sa beauté, savait détacher un coup de pied comme Deburau, elle serait la vraie Muse, la WM&Qpindari- comique des Odes funambulesques,
HiPPOLYTE BABOU.
Revue Française, 1» avril 1857.