ODE XIII
»Le médecin de la peine
«Est le plaisir qui ameine
-Le repos avecque luy, 4 Et les Odes qui nous flatent
Par leurs douceurs qui abbatent
La mémoire de l'ennuy.
Le bain ne soulage pas 8 Si bien les corps qui sont las,
Comme la louange douce
Nous soulage, que du pouce
Faisons sur le luth courir, 12 Par qui les playes de l'ame
(Lors qu'un desplaisir l'entame) 1 1 Nous oignons pour la guérir.
Antistro.
Certes ma chanson sucrée, Qui les grands Princes recrée, Te pourra bien dérider 16 Apres ta peine publique, Où ta faconde s'app'ique Pour la jeunesse guider.
Le haut bruit de ton sçavoir
22 Par ce siècle nous fait voir Que tu brises l'Ignorance, Renommé parmy la France Comme un oracle des Dieux,
26 Pour desnouër aux plus sages Les plus ennoiiez passages
23 Des livres laborieux.
Epode.
Tant d'ames ne courent pas Apres Alcée là bas, Quand hautement il accorde 32 Les guerres dessus sa corde, Comme ta douce merveille Emmoncelle par milliers Un grand peuple d'escoliers 36 Que tu tires par l'oreille.
A ANTOINE DE BAIF.