‹ Odes (volume 3)Chapitre 20 sur 27 · ODE XI1II · texte numérisé non relu

ODE XI1II

Stro. 1.

J'ay tousjours celé les fautes Dont mes amis sont tachez, J'ay tousjours teu leurs péchez, Et non pas leurs vertus hautes:

5 Car moy qui suis le sonneur Et le courrier des mérites, Je n'employé mes Charités

92 P- de Ronsard. 114

Qu'à la trafique d'honneur,

Que le Ciel large donneur 10 Ayant pareil soin de toy,

T"a departy comme à moy,

Versant sur ta langue sage

Un saint trésor de beaux vers,

Afin que son doux message 15 S'espande par l'univers.

Maint chemin nous peut attraire

Pour venir à la vertu:

D'un bien un tel est vestu,

L'autre d'un autre au contraire.

20 Première j'ay dit la façon

D'accorder le luth aux Odes,

Et premier tu t'accommodes

A la tragique chanson,

Espouvantant d'un grand son 25 Et d'un stile tel qu'il faut

Nostre François eschafaut:

Des grands Princes misérables

Trainant en long les regrets

Par tonnerres exécrables 30 Bruyans es tragiques Grecs.

Epode.

»D'esprit, et d'art, volontiers sEn tout différents nous sommes:

»Ne deux ne quatre mestiers -Ne nourrissent pas les hommes:

35 *Mais quiconque a le sçavoir, » Celui doit l'honneur avoir.

O Baïf, la plume pronte A vouloir monter aux cieux, D'un vol qui la mort surmonte

40 Trompe l'enfer odieux.

15] I. Livre des 0 ; :-. 93

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