‹ Odes (volume 3)Chapitre 7 sur 27 · I. A. Bayf · texte numérisé non relu

I. A. Bayf

L'antique bruit de tous les siècles vieus Avoit jadis érigé pour Orphée, Pour Stesichore, et Pindare un trophée 4 D'immortel nom qui voloit jusque aus cieus.

Maint autre aussi favorisé des Dieus Avoit au chef la couronne étophée Du saint Laurier, dont la gloire étouphée 8 L'on voit ici par vers ambitieus,

Muses et Dieus, la faveur variable De vos effets, a rendu admirable

II Nostre Ronsard, surmontant les antiques:

Vous même en lui, vostre invincible effort Avés vaincu, Ronsard est donc bien fort 14 Vainqueur des Dieus, des Muses, et Liriques.

R[obert de] R[ivaudeau] S. DE LA GUILLOTIERE du bas Poictou.

Odes. — Sonnets à Ror.-ard. 1 1

Muse va veoir un autre espoir de France, Qui nuit et jour de sa plume féconde Aide à polir la Françoise faconde, 4 Sentant encor le vieus tens d'ignorance.

Il est en lui de la tirer d'enfance, Et le fera, si mort hors de ce monde Ne le bannist, dont doit sa teste blonde 8 Toucher des cieus la dernière distance.

O Dieu courant desous la ligne oblique Donne faveur à ce nouvel Ascrée, 1 1 Tant qu'egaller on le puisse à l'antique.

O nobles Seurs, joignant l'onde sacrée, Couvrez son chef de branche Cabarique, 14 Pour la sauver de toute langue inique.

Caelum non solum [J. P. de Mesmes].

Les uns diront le vieil Prestre de Thrace, Ou le Thebain, qui en la lire excelle, Et cetui-la qui son pais nous celle, 4 Ou les beaus chans du Calabrois Horace.

Du Mantuan les vers de bonne race L'on vantera, ou la Lire de celle Docte amoureuse et mignarde Pucelle, 8 Qui ses dous maus sucra de tant de grâce:

Mais moi poussé par ta fureur éprise Ton lue sur tous et je prise, et reprise. 1 1 O vive corde, ô bien heureus sonneur,

Ta vertueuse, et première entreprise, Que la France a par ton audace aprise, 14 Du Vandômois étern:ze l'honneur.

A. De la Fare.

12 P de Ronsar !.

On trouvera à l'Appendice un Suravertissement au lecteur qui ne se lit que dans quelques exemplaires.

Préface de 1587.

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