‹ Odes (volume 4)Chapitre 11 sur 52 · ODE X · texte numérisé non relu

ODE X

Somme, le repos du monde.

Si d'un pavot plein de l'onde Du grand fleuve oblivieux 4 Tu veux arrouser mes yeux, Tellement que je reçoive Ton doux présent, qui déçoive Le long séjour de la nuit, 8 Qui trop lente pour moy fuit:

Bibl. rom. 200. 3

34 P. de Ronsard. [126. —XI

Je te voue une peinture,

Où l'effect de ta nature

Sera portrait à l'entour, 12 S'entre-suivans d'un long tour

Tous les songes et les formes

Où la nuict tu te transformes

Pour noz esprits contenter, 16 Ou pour les espouvanter.

A grand tort Homère nomme

Frère de la Mort, le Somme

Qui charme tous noz ennuis 20 Et la paresse des nuis,

Voire que Nature estime

Comme son fils légitime.

Le soin qui les Rois espoint, 24 L'esprit ne me ronge point:

Toutefois la tarde Auiore

Me voit au matin encore

Parmy le lict travailler, 28 Et depuis le soir veiller.

Vien donque Somme, et distile

En mes yeux ton onde utile,

Et tu auras en pur don 32 Un beau tableau pour guerdon.

Page 1