‹ OdesChapitre 31 sur 48 · ODE XXIX · texte numérisé non relu

ODE XXIX

Lict, que le fer industrieux D'un artizan laborieux A façonné, presque d'un égal tour 4 Dont ce grand monde est enclos à l'entour: Où celle qui m'a mis le mors De ses beaux doigts foiblement fors, Entre mes bras se repose à séjour, 8 Et chaque nuict embellist de son jour. Qui vit jamais Mars et Venus En un tableau portraits tous nus, Des doux amours la mère estroitement 12 Embrasse Mars, qui laisse lentement Sa lance tomber à costé D'un si plaisant venin donté, Et la baisant presse l'yvoire blanc 16 Bouche sur bouche, et le flanc sur le flanc. Celuy qui les a veu portraits, Peut sur nous contempler les traits De leurs plaisirs, quand le souci 20 Amoureux nous enlasse ainsi.

Ha! que grand tort te font les Dieux Qui ne te logent en leurs cieuxl Tu reluirois d'un plus illustre cours 24 Que leurs corbeaux, leurs asnes et leurs ours.

53] II. Livre d*s Odes. 59

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