‹ OdesChapitre 41 sur 48 · Les ans légers s'enfuyent · texte numérisé non relu

Les ans légers s'enfuyent

-Le temps bien peu durable

-Tout chauve par derrière

i Demeure inexorable

-S'il franchit sa carrière.

105 L'infernale portière

Hoche de main égale

La grand cruche fatale:

Soit tost ou tard, le Sort

Viendra vers toy tout palle 110 Pour t'annoncer la mort.

Et pource un jour ne laisse

Voler sans ton plaisir,

L'importune vieillesse

Court tost pour nous saisir :

115 Tandis qu'avons loisir,

Tes amours anciennes

Chantons avec les miennes :

Ou bien, si bon te semble,

Ne chantons que les tiennes 120 Sur noz flûtes ensemble.

Pour tuer le soucy

Qui rongeoit ton courage,

Asséon nous icy

Sous ce mignard ombrage:

125 Voy près de ce rivage

Quatre Nymphes qui viennent,

A qui tant bien aviennent

Leurs corsets simplement,

Et leurs cheveux qui tiennent 120 A un nœud seulement.

Hé, quel pasteur sera-ce

Qui au prochain ruisseau

Ira rinser ma t:sse

Quatre ou cinq fois en l'eau ?

135 D'autant que vin nouveau

Efface les ennuis,

Et fait dormir les nuis:

Autrement la mémoire

De mes maux je ne puis 140 Estrangler qu'après boire.

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