DU PSAUME XXII
Dominas régit me y etc.
Le Seigneur me conduit: d'un pas sur et tranquille Je suis avec amour , à ses conseils docile , D'un si tendre pasteur la douce autorité*.
Enfant de son troupeau , cher à sa bergerie , J'ose des loups cruels défier la furie ; U m'aime : rien ne manque à ma félicité.
Il fixe mon séjour en de fécondes plaines, Parmi des prés fleuris, et de pures fontaines
ao ODES
Dont Tonde bienfaisante à*ime à couler pour moi. Sa grâce m'adoucit ses préceptes austères , Me rend son joug léger , m'explique ses mystères, Et, pour comble de biens, me fait aimer sa loi.
Il m'ouvre le sentier qui mène à la justice ; Il inspire à mon cœur cette horreur pour le vice , Qui de sa providence est le plus heureux don. A mes foibles efforts il promet la victoire.
Mon triomphe est le sien ; il jouit de ma gloire : La vertu couronnée honore son saint nom.
Oui, Seigneur, dans vos bras votre enfant s'abandonne. Arme de cette foi que votre amour me donne, Il n'est point de périls que je n'ose affronter. Si, marchant au milieu des ombres éternelles, La mort venoit déjà me couvrir de ses ailes, Vous êtes avec moi : que puis -je redouter?
Ainsi, frêle roseau battu par les orages,
De la foudre et des vents je brave les outrages ,
Si votre bras puissant daigne être mon appui.
SACRÉES. ai
Au milieu des travaux d'une vie inquiète , Du. céleste pasteur la divine houlette Console ma tristesse, et charme mon ennui.
Le mëchant irrité contre moi se déchaîne; Mais un divin banquet qui fait frémir sa haine Par vos soins se prépare , et rassure mon cœur. En vain mes ennemis s'arment contre ma vie; Un pain venu du ciel contre eux me fortifie : Je ris de leur menace , et marche leur vainqueur.
Dans cet heureux festin qui cache un grand mystère, Répandue à grands flots , une huile salutaire Rend la force à mon corps lassé de ses travaux. Mon cœur se sent plonger dans une chaste ivresse; Et d'un vin précieux la coupe enchanteresse Lui verse l'espérance , et l'oubli de ses maux.
Ah, Seigneur! les bontés de votre providence,
Ces dons qu'à chaque instant votre amour me dispense
Pour votre serviteur ne tariront jamais.
Vos soins dans mes revers soutiendront mon courage ;
Et les jours agites de mon pèlerinage
Sans crainte et sans remords s'écouleront en paix.
Quand la mort m'ouvrira la maison de mon père ,
Puisse- je, en prononçant votre nom tutélaire,
Voir de mon long exil se terminer le cours !
Affranchi des liens d'une mortelle vie,
Puisse -je auprès de vous retrouver ma patrie,
Partager votre gloire, et vous aimer toujours!
SACRÉES. a3
V e ODE SACREE.