DU PSAUME LXXVIII
Deus y venerunt gentes y etc.
Grand Dieu! nous t'implorons; viens venger ton outrage Les méchants ont souillé ton auguste héritage , Ton saint temple est en proie à leur impiété. Provoquant ton courroux, ces hommes téméraires Osent prostituer aux plus vils ministères Les lieux que tu remplis de ta Divinité.
Un glaive menaçant arme leurs mains cruelles :
C'est peu de se baigner dans le sang des fidèles , Leur haine à tes martyrs refuse des tombeaux , Et, pour combler enfin la mesure des crimes, Livre les saints débris de ces nobles victimes En proie aux loups impurs , aux dévorants corbeaux.
Prêts à se partager nos dépouilles sanglantes , Nos voisins par des ris, des clameurs insolentes Bravent des malheureux qu'ils devroient secourir : Ces peuples inhumains , loin de briser nos chaînes , Par un mépris amer Insultant à nos peines , Au lieu de les calmer , ne font que les aigrir.
Seigneur, en est-ce assez? Ta justice divine
A- 1- elle pour jamais juré notre ruine?
N'avons -nous pas enfin épuisé ton courroux?
Quels fléaux plus cruelâ nous reste-t-il à craindre?
Dans nos larmes, grand Dieu, ne pourrons-nous éteindre
Le feu de ta colère allumé contre nous ? „
Soumis avec amour au Dieu qui nous châtie , Adorant cette main sur nous appesantie ,
C'est nous qui , sous tes coups, gémissons écrasés: Et l'impie orgueilleux dont le joug nous opprime Qui , blasphémant ton nom , ne vit que pour le crime , N'attire pas sur lui tes carreaux embrasés !
Ton peuple de toi seul attend sa délivrance:
Ah ! daigne en sa faveur écouter ta clémence ,
Ne te ressouviens plus de ses forfaits passés :
Sans doute ils furent grands; mais, Seigneur, il espère
Qu'aux yeux compatissants de son Dieu , de son père
Les pleurs du repentir les auront effacés.
Confonds de nos tyrans l'audace sacrilège, Fais-leur connoitre enfin le bras qui nous protège : Qu'ils cessent de braver le Dieu que nous servons. Fais tomber à nos yeux sur leurs têtes perfides Le sang de tes martyrs dont leurs mains homicides Ont de notre patrie abreuvé les sillons.
Dans le fond des cachots tes serviteurs gémissent , Ils te tendent leurs bras que des chaînes meurtrissent ; Seigneur, nous périssons, si tu ne nous dépends.
Vois de nos oppresseurs les complots sanguinaires : Ils jurent notre perte; et, meurtriers des pères, Us veulent à leur rage immoler les enfants.
Qu'un déluge de maux nous venge et les inonde !... Déjà brille l'éclair. . . . déjà la foudre gronde. . . .
Sous tes coups vont périr ces vils blasphémateurs
Mais > ouvre-leur plutôt le sein de ta clémence ; Qu'ils connoissent ton nom, adorent ta puissance, Et de tes ennemis fais -toi des serviteurs.
Pour nous , de ton bercail brebis toujours fidèles , Méditant à loisir tes bontés éternelles , Nous voulons dans nos chants te bénir à jamais : Soit que l'astre du jour termine sa carrière, Soit qu'il verse sur nous les flot* de sa Ktmière, Qu'il nous trouve occupés à chanter tes bienfaits.
IX e ODE SACREE.
TRADUCTION PARAPHRASEE