‹ Odes sacrées, idylles, et poésies diversesChapitre 8 sur 86 · DU PSAUME LXXIX · texte numérisé non relu

DU PSAUME LXXIX

Qui régis Israël, etc.

Dieu juste, ta foudre ëtincèle

Je vois flotter tes «Étendards

Viens , et de ton troupeau fidèle Réunis les débris épars (i).

Viens, porté sur l'aile des anges, Au milieu d'un chœur de louanges, Venger l'honneur de tes autels.

(r) Jerem. cap. xxiri, v. 3.

Rends-nous sensible ta présence.

Et que l'éclat de ta puissance, Brille aux yeux de tous les mortels.

Séduit par des conseils perfides , Ton peuple a méconnu ta voix , Et de tes préceptes rigides A quitté les sentiers étroits.

De vertus source intarissable, De ta loi sainte et désirable Ranime l'amour dans nos cœurs.

Daigne enfin calmer ta colère , Et que ton regard tutélaire Charme et dissipe nos douleurs.

Jusques à quand ta bienfaisance Cédera-t-elle à ton courroux?

Ah! les trésors de ta clémence Seront -ils donc fermés pour nous?

Toujours abreuvés d'amertume, Du désespoir qui nous consume Chaque jour aigrit le tourment :

Dévores de crainte et d'alarmes , Un pain détrempé par nos' larmes Devient notre unique aliment.

Partout proscrite et méprisée ,

Notre patrie est dans les fers;

Ton peuple devient la risée

Et l'opprobre de l'univers.

Mais ton regard , que rien n'arrête, «

Qui, souverain de la tempête.

Calme l'Océan irrité,

Peut en nous sauvant du naufrage,

Au fort du plus terrible orage ,

Nous rendre la sérénité.

Souviens -toi que ce peuple indigne D'éprouver encor tes bienfaits , Fut jadis cette heureuse vigne Qu'avec bonté tu cultivais :

Que dans ces campagnes désertes Qui long -temps ne furent couvertes Que de stériles sauvageons,

'■■■Il •* *

Pour planter ta vigne chérie Tes mains ont de l'idolâtrie Détruit les impurs rejetons.

Aux bontés de ta Providence ,

Ta vigne bientôt répondit.

De sa gloire et de sa puissance,

L'univers entier retentit.

Son feuillage orna nos campagnes.

Couvrit le sommet des montagnes ;

Et ses rameaux ambitieux,

Qui des mers ombrageoient l'abîme ,

Surpassoient la superbe cime

Du cèdre élevé jusqu'aux cieux (i).

Ton bras s'appesantit sur elle; Ses plus forts remparts sont détruits.

Le blasphémateur, l'infidèle, Usurpe et dévaste ses fruits* Cette vigne où , par ta culture ,

(i) Ctdros Dei, héhraïnme. Gsdret tàu-iltvis.

5o ODES

Tous les trésors de la nature • Prodiguoient leurs plus doux attraits ; Abandonnée et solitaire , N'est plus qu'un horrible repaire De monstres sortis des forêts (i).

A la justice qui t'anime ,

Laisse succéder la pitié : (

A tes yeux, Seigneur, notre crime

N'est- il pas assez expié?

Du haut du ciel où tu résides,

Vois de quels tyrans homicides

Ton bras seul peut nous garantir :

En vain leur fureur nous accable ,

Parois; ton aspect formidable

Suffit pour les anéantir.

Étends une main protectrice

(i) Osée, cap. 11, v. i».— -Joël, cap. i, ▼. 7.— Jéran. cap. in, r. xo, et cap. v , t. 6 : Confrtgtmntjugum, rvperunt 91'ncula: Marco penauiteo* leo deeihâ. Dans ce dernier texte» leo de tilva est la traduction littérale da mot grec NflWCOXlo>V, Napoléon , le lion de la forêt.

SACRÉES. 5i

Sur l'homme auguste et révéré A qui des lois de ta justice Tu remis le dépôt sacré.

Sous son autorité chérie, Nous consacrerons notre vie A bénir le nom glorieux D'un Dieu dont la toute-puissance Sauve la timide innocence, Et perd le crime audacieux.'

5a ODES

X e ODE SACREE.

TRADUCTION PAlUrHUME

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