CHAPITRE VII
L'Ermite.
IVE Dieu! je n'y conçois rien, disait Vilfrid à Yolande lorsqu'elle lui raconta le lendemain les évènernens de la nuit. Depuis seize ans que j'habite ce château, je n'y ai vu ni tigres ni fantômes ; je n'y ai entendu ni trompettes ni tambour : vous avez dormi , bonne nourrice ; vous avez rêvé, et vous avez pris vos songes pour des réalités.
Et pourquoi, répondait Yolande, douteriez-vous de mon récit ? Ne m'avez-vous pas raconté vous-même, hier au soir , plusieurs exemples de ces apparitions? La représentation luné-
bre que j'ai vue cette nuit a-t-eîle quelque chose de plus étonnant que celle que vit Richard II en se rendant à l'abbaye de Fécamp ?
— C'est tout différent : le cercueil .était dans une église; c'était sa place, et rien n'était plus naturel.
— Et ce combat de Richard contre un mort, auquel il fait voler la tète, et qui se retrouve tout entier dans sa bière un instant après, est-ce encore tout naturel? Et ce voyage au mont Sinaï? et ce...
— Et voilà précisément ce qui vous a trotté dans la cervelle cette nuit!
l'imagination remplie de ces diverses apparitions, vous avez vu, ou cru voir en songe, ou même éveillée...
? — C'est-à-dire que vous ne croyez point à tous les prodiges que vous m'avez racontés?
— Vive Dieu! j'y crois, et je m y fe-* rais hacher ; mais je vous le répète,