LA TEK DUE AUX ROUGES-GORGES
Nous devons expliquer ici comment Mlle Savinien avait cornu André, l’oiseleur.
On se souvient que, par ordre exprès du médecin, Odilia devait faire chaque jour une promenade à pied ^-ns les environs du prieuré. Cette promenade avait . eu le matin ou le soir, suivant la température et ■ suivant les convenances de la jeune fille, sous la surveillance de la tante Paula. Les dames avaient voulu dans le principe être suivies à distance par un domestique chargé de les protéger ; mais bientôt elles s’étaient enhardies : la présence d’un laquais les importunant, elles avaient pris l’habitude de sortir seules. Elles connaissaient parfaitement le pays, où elles étaient adorées et où elles ne répandaient que des bienfaits ; aucun danger ne paraissait donc à craindre, et les deux promeneuses poussaient parfois leurs excursions assez loin du château.
Or, quinze jours environ avant l’époque où nous sommes arrivés, par une jolie matinéed’automne,Odi-
lia et sa tante s’étaient enfoncéesdans la forêtde haute futaie qui attenait au parc. Le soleil venait à peine de se lever', et ses rayons obliques ne pénétraient pas encore le feuillage. Les allées herbeuses étaient humides de rosée. La fraîcheur délicieuse du matin, i’air vital et parfumé des bois excitaient la vivacité de la marche; et Odilia, son chapeau à la main, ses brodequins couverts de pétales de fleurs, trottinait gaiement dans les sentiers, butinant au passage les seabieuses bleues et les verges d’or, écoutant les chants des oiseaux dans les buissons ou lançant ellemême par intervalle une gamme folle aux échos sonores de la forêt.' Paula pouvait à peine la suivre; mais elle ne songeait pas à së plaindre. Elle voyait les couleurs de la santé apparaître sur les joues de sa ' nièce ; elle voyait Odilia, joyeuse et bondissan' comme •une jeune biche, s’abandonner aux douces impressions du moment; Odilia chantait, Odilia riait, était, heureuse ; h ce prix la bonne tante, si rude pour le reste du monde et pour elle-même, se fut mise en nage et eut marché jusqu’au soir.
Tout en allant ainsi, à peu près au hasard et selon les inspirations de son caprice, Mlle Savinien avait dirigé la promenade vers la rivière. Les dames traversaient un taillis peu élevé, mais bien vert et feuillu, où de petits sentiers tournants, & peine tracés dans le gazon, remplaçaient les larges allées des autres parties du bois. Odilia ne s’inquiétait pas des branches basses qui lui mouillaient le visage et dérangeaient ses cheveux, quand tout à coup elle s’arrêta net et poussa un petit cri de douleur. Paula crut qu’elle s’était blessée ; elle la rejoignit én deux enjambées. ' • ;
« Qu’y a-t-il donc» mon enfant? » demanda-t-elle haletante»
Pour toute réponse, Odilia lui montra du bout de , son doigt blanc et effilé un petit oiseau qui se débattait en poussant de faibles plaintes. Dien qu’on fût à deux pas de lui, il ne s’éloignait pas, et continuait d’agiter ses ailes d’un air de souffrance. Paula, plus expérimentée, reconnut aussitôt de quoi il s’agissait.
« Allons, petite, dit-elle froidement, est-ce cela qui t’effraye ? cet oisillon est pris au piège. »
En effet, un lacet suspendu à une baguette pliante avait saisi l’oiseau pairie cou et menaçaitdel’étrangler.
' * Oh ! mon Dieu ! mais il souffre, il va mourir ! dit
.Odilia en joignant les mains.
. — Il est facile de le délivrer. »
Paula prit l’oiseau dans ses grosses mains sans leblesser, le dégagea du lacet fatal, puis lui rendit la liberté, dont il profita pour aller se poser en voletant sur un arbre voisin ; là il tira quelques sons harmonieux de son gosier, soit pour remercier ses bienfaitrices, soit pour s’assurer que le gosier lui-même était intact.
« Merci, tante Paula, -répliqua la jeune fille. Voyez ! il vit, il chante, il est content. »
On continua d’avancer. Le sentier maintenant était propre, uni, débarrassé des hautes herbes et des branches parasites qui pouvaient gêner le passage. En revanche, à droite et à gauche, on apercevait un grand nombre de pièges semblables à celui dont on * venait de voir le fatal effet ; c’étaient des raquettes ou rêgibauds, si employés autrefois en Loi raine pour ' la chasse au menu gibier.
« Eh.! nous sommes tombées au milieu d’une tendue nux rouges-gorges, dit Paula. ~ •
— Qu’est-ce donc qu’une tendue, matante? » ,
Paüla expliqua rapidement comment on installait ces pièges, au nombre souvent de plusieurs milliers, dans les portions de bois fréquentées par les petits oiseaux, surtout par . les rouges-gorges ; comment l’oiseleur faisait plusieurs fois par jour sa tournée pour s’emparer des prisonniers, qu’il vendait ensuite au marché, et qui formaient un manger délicieux.
« Peut-on traiter ainsi ces charmants oiseaux, si doux, si familiers, et qui chantent si bien? dit Odilia avec douleur; les hommes qui exercènt ce métier doivent être bien méchants !
— Ils sont surtout bien pauvres, mon enfant, cap le métier n’est guère Lucratif. »
Odilia voulait répondre, mais en ce moment elio aperçut un autre oiseau qui se débattait non loin d’elle. Prompte comme l’éclair, elle courut à son secours; cette fois'le pendu, débarrassé du terrible cordon, ne. s’envola pas; on venait trop tard, et il ne tarda pas à expirer dans la main de la jeune fille éperdue.
« Mais c’est infâme, cela ! s’écria-t-elle. Ya-l-on faire périr toutes ces innocentes créatures? Je ne le souffrirai pas.,.. Venez, tante Paula ; nous allons y mettre ordre.... venez. 1 • ,
— Un moment, ma chère; songe donc que nous n’avons pas le droit.... »
Odilia ne l’écoutait pasV elle partit en courant, et bientôt Paula vit sa robe blanche disparaître au détour du sentier.
A mesure qu’elle avançait, Odilia se confirmait
davantage dans, son projet. Tontes les avenues, toutes les laies étaient bordées de ces maudits régibauds, dressés comme aulant de potences à l’intention des oisillons de la forêt. Bon nombre de ces pauvres imprudents s’étaient laissé prendreaux engins scélérats; et ce n’étaient. pas seulement des rouges-gorges familiers, mais aussi de ces beaux merles noirs, si vifs et si rusés, des grives farouches, dont un premier déjeuner dans les vignes avait peut-être altéré lsu finesse Ordinaire, des pinsons turbulents, et jusqu’à des rossignols, qui, dans cette saison de l’année, engraissent, prennent du ventre et perdent la voix. Quelques oiseadx encore vivants cherchaient à se dégager du redoutable nœud ; mais ils n’eussent pu y parvenir sans l’aide d’Odilia, qui, tremblante de joie, après avoir lissé leur plumage soyeux et déposé un baiser sur leur tête, les laissait retourner à leurs habitudes vagabondes.
D’autres oiseaux pendaient ébouriffés et sans mouvement au perfide gibet, et tous les efforts pour les ranimer demeuraient vains. Alors la jeune fille voulait du moins les venger : elle les rejetait au loin dans les massifs du taillis, afin que l’oiseleur ne pût en tirer profit; elle brisait les lacets, arrachait les régibauds ; puis elle continuait sa course en versant des larmes, que la délivrance d’une victime encore vivante venait bientôt sécher.
Or, ce jour-là particulièrement, la chasse avait été productive, et Odilia avait pu dépendre ainsi plusieurs douzaines d’oiseaux vivants ou morts ; de plus, les pièges qu’elle avait arrachés ou brisés constituaient pour le maître de la tendue une perte considérable, et de longs travaux devenaient nécessaires
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afin de réparer le dégât. Mais Mlle Savinien ne s’en inquiétait pas : elle continuait de parcourir les sentiers, renversant et saccageant tout sur son passage. . *
Elle ne semblait pas disposée à s’arrêter de sitôt, quand des cris partirent derrière elle, et l’oiseleur, sortant d’un fourré, accourut vers Odilia d’un air furieux. Il brandissait d’une main une espèce de grand coutelas en usage parmi les tendeurs, pour nettoyer les sentiers et couper les branches parasites, ce qu’ils appellent dèhamber , et cette arme qui brillait au soleil avait un aspect terrifiant.
Toutefois, l’oiseleur lui-même, malgré ses cris et sa course forcenée, ne paraissait pas bien cruel. C’était un beau garçon de seize ans, aux proportions sveltes quoique robustes; sa ligure un peu hâlée, mais d’une régularité parfaite, avait une expression de franchise et d’intelligence naïve. Ses grands yeux bleus, ses depts blanches, ses longs cheveux blonds naturellement bouclés, formaient l’ensemble le plus gracieux. Son costume, fort simple, consistait en un large chapeau de paille, en une blouse grise et un pantalon de toile, tout cela d’une propreté, d’une fraîcheur telles, que l’on doutait si ce costume était celui d’un riche citadin en négligé de campagne, ou celui d’un jeune paysan coquet et soigneux de sa personne.
Aussi Odilia, après avoir jeté un regard sur l’oiseleur, ne montra-t-elle pas beaucoup d’effroi. Elle procédait en ce moment à la délivrance d’un prisonnier, et cette opération exigeait un soin particulier. Le patient, en effet, n’était plus un merle vigoureux, une grive ventrue; c’était un de ces mignons roite- 407 8
lets qui, la queue redressée, la huppe relevée, l’œil provocateur, se posent insolemment au bord du chemin sur le bout d’une branche morte, ét chantent aux passants leur petite chanson comme pouf les narguer*. Celui-ci, en raison de l'exiguïté de sa taille, s’était pris, non par le cou comme les autres, mais par le milieu du corps, et sauf l'impuissance où il était de mouvoir ses ailes, il n’avait pas grand mal. Aussi l’in- grat se débattait-il contra sa libératrice, et attaquait-il avec toute la viguéur de son hcc microscopique les jolis doigts qui travaillaient pour son salut.
Odilia n’en continuait pas moins impassiblement sa besogne quand le jeune oiseleur se trouva près d’elle. Aussitôt qu’il put l’envisager, il s’arrêta, cessa ses cris, et, s’appuyant sur cette arme qu’il brandissait si résolûment tout à l’heurè, il se mit à contempler Mlle Savinien avec un mélange d’étonnement et d’admiration. 11 semblait tout bouleversé de trouver une créature si élégante, si pure et si belle, dans cette protondesolitudedesbois; peut-être croyait-il qu’une fée venait d’apparaître à ses yeux éblouis.
Cependant Odilia était enfin parvenue à dégager le roitelet, qui, libre déjà, lui donna un gaillard coup de bec en signe d’adieu, et alla se poster dans un prunellier voisin. Alors elle se tourna vers l’oiseleur et lui dit : ' - ■ ' ,
« C’est donc vous qui traitez ainsi ces malheureux oiseaux? »
Mais elle n’ajouta rien, baissa les yeux et rougit.
11 y eut un moment de silence embarrassé." André balbutia d’un ton de plainte plutôt que de reproche :
■ « Pourquoi venez-vous sacçàger ma tendue, briser mes régibauds et me prendre mon gibier?
— Parce que cela me plaît. *
André releva la tête, et une lueur brilla dans son œil comme si cette fière. réponse eût ranimé sa colère ; mais à peine eut-il regardé de nouveau sa belle ennemie, que son visage s’adoucit, et il répliqua presque avec. timidité :
• « Il me. faudra beaucoup de temps pour remettre ' tout en ordre.... et puis voilà ma journée perdue. »
La tante Paula se montra en ce moment au détour du chemin. Elteavait entendu les cris d’André, la voix • de sa nièce et elle avait doublé le pas. En apercevant cet inconnu, qui semblait brandir un sabre formï- * dable, elle s’élança de toute sa vitesse et se jetà entre l’oiseleur et Odilia.
«Misérable drôle! dit-elle avec énergie en lui adressant un gesle menaçant, veux-tu donc l’assassiner? »
Mais André ne témoigna pas à la tante! la mansuétude qu’il avait témoignée h la nièce; il répliqua • sans bouger :
« Je n’assassine personne ; mais pourquoi vienton détruire ma tendue et me dérober mes oiseaux?
— Et qui t’a permis à toi-même, repartit Paula,
d’établir une tenduq dans les bois de M. Savinien? De quel droit te trouves-tu ici? -
— J’ai la permission de M. Breton, le garde, répliqua fièrement André.
— Breton n’est qu’un domestique, et moi, je te dé-
fends, entends-tu? de placer des pièges dans cette forêt. .. v
— Ouais? et qui donc êtes-vous? *
— Je suis la belle-sœur, et voici la fille de M. Savinien.... Tu connais M. Savinien, peut-être?
— Pas du tout.
lis " ODILIA.
— Comment? et tu es sur ses terres! Mais c’est le plus riche propriétaire du pays, et l’on parle assez de lui dan$ le voisinage. • ,
— Je ne suis pas du pays.:.. D’ailleurs j’ai donné de l’argent à M. Breton pour qu’il me permit de tendre dans ce bois, et je n’enlèverai pas mes pièges avant la fin de la saison.
— Gestce que nôus verrons, » répliqua la tante
Paula. ' • . - •
Odilia avait écouté avec calme celte conversation. La hardiesse du jeune homme l’étonnait, mais ne lui déplaisait pas. ■ , -
« Pourquoi donc, demanda-t-elle à son tour, tenezvous tant à détruire de pauvres oiseaux?
— C’est mon état, mademoiselle, répondit André avec douceur?
— Ne sauriez-vous prendre un état moins cruel?
— Si j’avais l’âge et si je pouvais me séparer de ma
mère, dont je suis le seul appui, je me serais déjà lait soldat comme était mon père; mais cela m’est interdit. . ; • •
— Votre mère est -elle donc si vieille qu’elle ne
puisse se suftire à elle-même? - ' r , ..
— Ce n’est pas cela, mademoiselle, mais elle est aveugle et ne gagne pas grand’chose à filer du malin au soir.... Où en serions-nous si je ne gagnais rien de mon côté? Nous sommes venus nous établir dans ce pays parce que la vie n’y est pas. chère, et je ne refuse aucun travail afin de procurer un peu de bienêtre à la pauvre femme;
— Où demeure-t-ejle, votre mère? demanda la jeune fille visiblement émue, et comment se nommet-elle?
— Elle demeure là-bas au village, dans une maison de M. Breton: on l'appelle Mme Gambier.
— Eh bien, je la verrai, et si tout ce que vous dites est vrai, je lui donnerai des secours.
— Des secours! répéta André; ce n’est pas une
mendiantè!» ' /
Odilia rougit encore; cependant elle reprit avec assurance :
« Vous, du moins, monsieur, vous ne refuserez pas un dédommagement pour le tort réel que je vous ai causé.' J’ai arraché vos pièges, je vousâi privé de votre gibier.... Vous ne devez pas souffrir de mes caprices. »
Et elle tendait à l’oiseleur une belle pièce d’or ; mais André, profondément humilié, détourna la tête :
<* Mon père et ma mère, dit-il, m’ont appris à ne recevoir d’autre argent qué celui que j’ai gagné.... Je réparerai le dégât de ma tendue; quant au tort que vous m’avez causé, je vous le pardonne. » ~
Alors seulement les deux dames remarquèrent qu’André Gambier n’avait ni les sentiments ni l’extérieur d’un paysan; il ne parlait pas le pîfrois lorrain et s’exprimait purement en français; ses manières ne trahissaient pas nôn plus la rusticité ordinaire des campagnards. Odilia glissa quelques mots à l’oreille de sa tante :
« Comme tu voudras, ma petite, répondit Paula avec son inépuisable complaisance ; si ce jeune garçon t’intéresse, il ne sera pas tourmenté.... Mais alors il faut te-résigner à l’extermination de ces oiseaux qui t’inspirent tant de pitié! »
Mlle Savinien était dans une grande anxiété. Elle
ne voulait pas convenir que ses opinions avaient changé singulièrement depuis cinq minutes, et que le chasseur excitait maintenant sa sympathie autant que le gibier. Elle dit enfin d’un petit ton protecteur :
* Nous examinerons cela, jeune homme; noüs reviendrons ici demain, après avoir pris des informations. Jusque-là ne pourriez-vous interrompre cette chasse destructive? Vous êtes trop cruel envers ces malheureux oisillons! L’épervier et le milan leur font du moins une guerre franche et ouverte; vous, ail contraire, vous leur tendez des pièges perfides dont ils ne peuvent se défier, et c’èst joindre la déloyauté à la barbarie.... N’avez-vous jamais pensé à cela? »
André écoutait Mlle Savinien d’un air de stupéfaction ; de pareilles idées se présentaient en effet pour la première fois à son esprit: i] avait jusqu’alors considéré la question au point de vue du bourreau et non à celui des victimes.
« Je ne dis pas le contraire, mademoiselle, répondit-il avec confusion ; mais je ne me croyais pas si méchant; le pays est couvert de tendues en cette saison.... Du reste, d’ici à demain je ne saurais prendre grand’chose ; l’heure favorable est passée maintenant, et puis voilà toutes mes raquettes désarmées, arrachées, brisées.... Tenez, mademoiselle, si je n’y étais forcé par. la nécessité, je ne les réparerais pas ; non que je craigne personne, mais„..
— Eh bien?
— Mais cela vous déplaît, acheva-t-il en .baissant '
les yeux. „
— A demain donc, » dit (Milia. ^ ' ..
Et prenant sa tante par le bras, elle l’entraîna rapidement.
Elles marchèrent d’abord en silence. Odilia paraissait rêveuse. Quand on eut atteint une des larges allées qui traversaient le bois, elle demanda tout à coup :
«Ai-je eu raison, tante, de ne pas me montrer trop dure envers ce garçon qui nourrit sa mère du produit de son travail?
— Certainement, chère enfant. D’abord, quand je l’ai vu brandir son grand coutelas, j’étais fort inquiète et fort irritée, car je craignais qu’il ne te portât un mauvais coup ; mais ensuite il est devenu si maniable, malgré sa fierté.... Oui, tu as eu raison : c’est un pauvre diable, après tout, et si haut que nous soyons placées aujourd’hui, nous ne devons pas oublier que nous sommes parties d’aussi bas. Je t’ai conté bien souvent, ma chère, que Salomée et moi nous avions été colporteuses, tandis que Savinien....
— Oui, oui, je sais tout cela, interrompit Odilia en faisant la moue, et je n’ai garde de l’oublier. Seulement, vous ne devriez pas, bonne tante, rappeler si souvent le passé devant mon père, car il m’a semblé....
— Ton père est un orgueilleux, et je prétends conserver avec lui mon franc parler; n’aie pas d’inquiétudes à ce sujet.... Mais où jn’amènes-tu par là? demanda brusquement Paula en voyant sa nièce s’engager dans une allée qui conduisait hors du bois.
— Au village de Clairefont; je désire voir la mère de ce jeune homme et m’assurer s’il nous a dit vrai.
— Comment! tu veux....; Soit donc! il vaut au-
tant se promener de ce côté-là que d'un autre.... .Mais tu vas te fatiguer? »
Pour toute réponse, Odilia doulda le pas, et force fut à la tante de l'imiter;