‹ OdiliaChapitre 9 sur 22 · LE SECRET DE LA FAMILLE SAVIMEN · texte numérisé non relu

LE SECRET DE LA FAMILLE SAVIMEN

Le double accident qui venait d’arriver dans la cour du prieuré avait mis toute la maison en rumeur. Les femmes criaient;* les domestiques couraient pour porter secours. Mais ce fut vers Georges Vernon que l’on se précipita, et la plupart des assistants ne virent même pas le pauvre André qui gisait sans connaissance en dehors de la grille.

Georges, d’abord étourdi par la violence du choc, ne tarda pas ù reprendre connaissance, et essaya de se relever. Il ne put y parvenir; il éprouvait une affreuse douleur à l’épaule gauche, et le bras du même côté lui refusait tout service. Les assistants, parmi lesquels, comme nous l’avons dit, se trouvait le comte Max, le transportèrent avec précaution dans la maison.

Pendant le trajet, Vernon, qui reconnut son rival, lui dit avec un sourire ironique : -

« Vous êtes un ennemi chevaleresque, monsieur le comte.... Mais, consolez-vous; je ne vous ferai pas attendre longtemps la partie projetée entre nous ; le bras n’est pas cassé, je crois. v

— Dieu le veuille, monsieur, répliqua Max à demivoix; nul plus que moi ne fait des vœux pour votre prompte guérison.» •

On porta le blessé dans le vestibule où se tenait habituellement la livrée, et on le déposa sur une des larges banquettes à dossier qui s’y trouvaient. Au même instant, Savinien parut; il n’avait pas pris le temps de quitter sa robe de chambre, et il tenait encore à la main le crachat de diamants que lui avait remis Lichtenwald ; mais en s’apercevant de sa distraction, il s’empressa4e cacher cet objet précieux.

« Voilà un fâcheux accident, mon cher Georges, dit-il au blessé avec un accent de véritable intérêt, et je suis désolé.,..

— Si je suis encore ici, ce n’est jfas ma faute, monsieur Savinien, répliqua Vernon d’un ton d’humilité ironique; j’obéissais à vos ordres, je partais, quand ce maudit Swift m’adésarçonné. Mais demain, ce soir peut-être, je serai en état, je l’espère, de me rendre en voiture à la ville.

— Vous resterez chez moi tant que votre santé l’exigera, répliqua Savinien. Que dirait votre père si je vous renvoyais avant votre guérison complète?... Allons, continua-t-il en s’adressant aux domestiques, que l’un de vous monte à cheval et coure prévenir le docteur Delmas.... En attendant, Paula pansera ce pauvre garçon; elle est presque aussi habile qu’un

chirurgien, et c’est le cas ou jamais de montrer son savoir-faire.... Eh bien ! où est-elle donc ?

— Me voici, mon frère, » dit la bohémienne.

Elle arrivait tout essoufflée, tenant à la main diverses fioles et des paquets de compresses.

« Eh bien ! et l’autre , où est-il donc ? demandat-elle.

— De qui “parlez-vous, Paula? *

— De l’autre blessé, de celui qui a été renversé devant la grille; j’avais cru reconnaître....

— Un autre blessé!... Il y en a donc deux? Qui peut être le second? »

En ce moment, on entendit des pas pesants sur le perron comme ceux d’hommes qui porteraient un lourd fardeau.

Deux domestiques parurent, chargés du corps inanimé d’André, et vinrent le déposer sur une banquette à côté de Vernon.

« Qui est ce pauvre petit diable? demanda Savinien; il parait bien malade ! »

Le millionnaire n’avait jamais vu le jeune Gambier ; aucun domestique ne le connaissait non plus; l’un d’eux put seulement expliquer comment le malheu- « reux enfant, au moment où il entrait au château, avait été renversé par le cheval.

« Ce sera quelqu’un de ces petits quémandeurs du village, dit Savinien assez froidement; eh bien ! s’il arrive malheur à celui-ci, on prendra soin de sa famille. »

Mais la tante Paula, qui déjà était en train de panser l’épaule blessée de Georges, laissa cette besogne à Mme Surville et aux autres femmes de la maison. Elle s’approcha d’André et écarta les longs cheveux

blonds qui lui cachaient le visage; alors seulement elle le reconnut. , '

Elle ne prononça pas une parole, ne poussa pas un cri ; pas un muscle de sa ligure maigre et basanée ne bougea; mais elle se mit avec empressement à secourir le jeune oiseleur, et le tremblement de ses doigts trahissait une vive émotion.

* A quoi pensez-vous donc, Paula ? demanda Savinien avec impatience ; allez-vous quitter Georges pour ce petit paysan ? . .•

— M. Georges ne manque pas de soins, répliqua Paula d’une voix sombre. Ah ! Savinien, n’étiez-.vous pas dans l’état où se trouve ce jeune garçon, le jour où Salomée vous prit en pitié et yous sauva? »

Savinien baissa les yeux à ce souvenir. Paula poursuivit plus bas .

% Veillez, mon frère, à ce qu’Odilia ne puisse descendre ici ni apprendre ce qui s’y passe. Si elle venait à connaître la vérité, peut-être les malheurs de cette journée ne seraient-ils pas encore finis.

— Vous avez raison. Odilia est si délicate! il y aurait de quoi déterminer une nouvelle crise. Eh bien ! je vais aller moi-même.... »

Un faible cri se fit entendre au haut du grand escalier de pierre qui dominait le vestibule; Paüla et Savinien, levant la tête, aperçurent Odilia qui descendait rapidement.

La jeune fille était encore en négligé du matin, enveloppée dans une robe de cachemire, à grands plis et à larges manches, qu’une cordelière-mi-partie soie et argent serrait autour de sa taille. Elle avait la tête nue, et ses beaux cheveux noirs, mal contenus par un peigne d’écaifle, flottaient en partie sur son cou.

Évidemment la nouvelle du tragique événement l’avait surprise pendant qu’elle était à sa toilette, et elle accourait en toute hâte.

Mais, au pied de, l’escalier, son père et sa tante se mirent devant elle pour lui cacher le spectacle navrant qu’offrait alors le vestibule.

« Que viens-tu faire ici, petite? dit Paula d’un ton de sévérité j tu ne peux nous être d’aucun secours} rentre bien vite chez toi; je t’y rejoindrai bientôt...* Rentre, je le veux.... Mon frère, ramenez-la dans sa chambre. • . •

— Oui, oui, viens, ma mignonne, ajouta Savinien en cherchant à l’entraîner. Oserais r tu bien, ajoutat-il plus bas, te montrer ainsi vêtue devant tout ce monde? Que dirait M. de Lichtenwald ? »

Mais Odiiia n’écoutait pas, et, en véritable enfant gâtée, elle résistait aux efforts de son père et de sa tante.

«' Laîssez-moi, disait-elle; il vient d’arriver un malheur, je le sais; ne me sera-t-il donc pas permis de me rendre utile aussi ? »

Savinien essayait toujours de l’entraîner loin du groupe qui entourait les blessés; en désespoir de cause, il se disposait à l’enlever dans ses bras, quand elle dit : - ‘ \

« Allons! je vais rentrer, mais du moins apprenezmoi ce qui s’est passé.

— Rien, ce n’est rien, mon enfant, répondit Paula : un cheval fougueux s’est emporté et a renversé deux personnes. • ' , .

— Qui sont-elles?

-t- M. Georges Vernon d’abord. - \ '

— Georges! répéta Mlle Savinien avec émotion,

Georges! qui a été toujours si bon, si complaisant pour moi?»

« Elle lenla encore de forcer le passage; mais ne pouvant y parvenir, elle éleva la voix et dit d’un ton affectueux ;

« Monsieur Georges, je voudrais aussi vous offrir mes consolations et mes services.... on ne me le permet pas ! »

Vernon, entouré maintenant des femmes de la maison, qui couvraient de compresses le bras blessé, se souleva en dépit de ses souffrances.

« Merci, mademoiselle Odilia, répliqua-t-il avec empressement; merci mille fois!... je n’ai pas grand mal, et d’ailleurs, que ne souffrirait-on pas pour exciter le touchant intérêt que vous me témoignez? »

En même temps, il se tournait vers Lichtenwald et semblait lui dire : . ' - 1 ,■

« Vous voyez comme elle m’aime ! »

Le comte resta impassible ; il trouvait seulement dans les paroles de Mlle Savinien une bienveillance, -une pitié fort naturelles en pareille circonstance.

Odilia, rassurée au sujet de Vernon, reprit plus froidement : - ■ . v ...

« Eh bien, et l’autre blessé?

— Bah! répliqua Savinien, c’est un jeune drôle inconnu de tout le monde.... Il n’y a pas là de quoi te mettre martel en tête.

— N’importe 1 mon père ; cet inconnu ne manquera de rien, n’est-ce pas?... Vous le panserez, tante Paula, et vous le traiterez comme Georges luimême?

— Oui, oui, je te le promets, répliqua Paula, qui pouvait à peine dissimuler ses angoisses ; mais je ne

lui donnerai aucun secours tant que tu seras içj, et pourtant j’imagine qu’il en a grand besoin. »

Odilia consentit, quoique avec répugnance, à suivre son père; déj.'i elle avait posé le pied sur la première marche de l’escalier, quand elle s’entendit appeler d’une voix mourante.

Elle tressaillit et se retourna vivement.

« Qui m’appelle?

— Emmenez-la ! emmenez-la ! » dit la tante à Savinien, qui ne soupçonnait pas la gravité de la circonstance. , <

Pendant qu’il hésitait, la même voix gémissante répéta ; . .

« Odilia!.,. mademoiselle Odilia! »

Cette fois, Mlle Savinien devint blanche comme un lis.

« Mais c’est André ! » s’écria-t-elle.

Aussitôt elle se glissa entre son père et sa tante, écarta les gens qui entouraient le blessé et se mit à l’examiner avec une sorte de stupeur.

Elle eut peine d’abord à reconnaître, sous une couche de sang et de poussière, ce jeune visage qu’elle était habituée à voir si souriant et si frais;, puis, quand elle l’eut reconnu, elle demeura immobile, l’œil fixe, appuyée sur le bras de son père et de sa tante qui l’observaient avec anxiété.

André avait repris connaissance, et peut-être étaitce la voix d’Odilia qui l’avait tiré de son évanouissement. Quand la jeune fille s’approcha de lui, il essaya de lui sourire; puis il balbutia d’une voix entrecoupée, comme si une pensée vivace eût dominé ses souffrances physiques et le trouble de son esprit :

« Ah! mademoiselle, n’est-il pas vrai que vous

désapprouvez la manière injuste et violente dont on m’a traité ?

— Que voulez-vous dire? de quoi vous plaignezvous, André? V ' . ‘

— Ce matin, les gardes sont venus détruire ma tendue; et, comme je m’y opposais, ils m’ont appris qu’ils obéissaient aux ordres exprès de votre père.... Je tiens à savoir si vous-même....

— Mon pèrel dit Odilia frémissante en regardant SaVinien, c’est mon père qui est cause de ce malheur? » , ‘ '

Le capitaliste parut singulièrement embarrassé.

« Quoi donc? est-ce là ton petit oiseleur? demandat-il. Voyons, ne te fâche pas, ma tille; on a dû déjà l’indemniser de ma part, et si cela ne suffit pas, on le rendra riche.... Écoute donc aussi, il fallait bien en finir avec une distraction qui absorbe tout ton temps, qui te fait négliger tes devoirs envers la société et ■ envers moi! / „

— Oui, et vous avez trouvé pour cela un excellent moyen ! dit sourdement la tante Paula ; regardez .votre fille ! »

♦ Un vif incarnat couvrait maintenant les joues d’Odilia ; un tremblement convulsif secouait sa frêle organisation; son front se crispait et sa poitrine était oppressée. Comme elle. se taisait, André reprit avec ^ effort :

« Oh ! mademoiselle, dites-moi donc que vous n’approuvez pa's.... J’étais sûr;... Oh! ma pauvre mère! » Un accès de toux l’interrompit et des flots de sang vermeil s’échappèrent de sa bouche; en même temps il retomba en arrière et s’évanouit de nou- ' veau. . • "

■ - ' ' ODILIA. HS

Mme Surville, qui s’était rapprochée par curiosité, s’écria imprudemment :

« Le pauvre enfant est bien malade ; il vomit le sang. »

La tante Paula enfonça ses ongles dans le bras de l'institutrice pour la remercier de cette observation ; puis elle se mit à éponger d’eau froide le visage du blessé. Heureusement Odilia ne semblait pas avoir entendu ni surtout avoir compris les paroles de Mme Surville. Tout à coup ses traits s’étaient déten-dus, son regard s’était adouci, et un faible sourire, mais un sourire d’un caractère bizarre et navrant se jouait sur ses lèvres.

« Ne vous inquiétez pas, dit-elle en étendant la main sur le jeune homme inanimé, je le guérirai..,. Ne suis-je pas une dryade dont le pouvoir est supérieur à celui des mortels? Quand j’entr’ouvre l'écorce de mon tilleul pour venir parmi les hommes, je marque toujours mon passage au milieu d’eux par des bienfaits; je leur prédis l’avenir et je soulage leurs maux..#. Celui-ci, ajouta-t-elle en désignant André, je le prends sous ma protection. »

Un profond silence accueillit ce discours étrange. La plupart des assistants en paraissaient plus affligés qu’étonnés, et la consternation se peignait sur tous les visages. r .

« C’est un accès qui commence, » murmura la tante Paula avec accablement.

Quant à Savinien, il semblait seulement préoccupé de savoir si le comte de Lichtenwald avait entendu Odilia. Aucun doute ne lui était possible à cet égard; Max témoignait par sa contenance qu’il entrevoyait enfin la terrible vérité.

« Ces violentes émotions, reprit Sàvinîen à voix haute en paraissant s’adresser à tous les assistants, ont donné à ma fille un accès de fièvre et de déliré. » Puis, se tournant vers Odilia :

« Reviens à toi, ma chère! lui dit-il bas; tu es mon enfant bien-aimée...'.' tu es ici chez toi, à côté de ton père, de ta bonne tante, de tes amis. »

Paula le poussa du coude :

« Pour Dieu! mon frère, reprit-elle de même, ne ferez-vous et ne direz-vous que des sottises aujourd’hui? La contrariété n’a d’autre résultat que d’exalter son imagination, de rendre la crise plus longue et plus dangereuse, vous le savez bien ! »

Odilia, en effet, avait redressé la tète, et ses narines roses se gonflaient d’indignation.

« Je n’ai pas de père, je n’ai pas de parents, dit-elle avec fierté ; je suis la dryade du tilleul. J’habite le tronc de mdh arbre, et quand j’en sors par hasard, j’emprunte la forme d’une jeune fille; mais ce n’est qu’une vaine apparence, ce corps n’est pas réel. Je ne suis pas pétrie du même limon que le commun des hommes, je suis sortie d’une race mystérieuse qui avait le don dé prédire l’aVenir; le jour où mon arbre a été planté, on a vu des signes dans le ciel et le tonnerre a grondé au milieu de l’hiver. Malheur aux imprudents qui osent braver mon pouvoir! »

Il devenait évident pour tous que la raison d’Odilia était égarée.. Cependant Savinien, espérant donner le change à Lichtehwald, voulait répliquer; Paula l’en empêcha par un signe. Puis elle se tourna vers sa nièce et lui dit avec douéeur :

« Pourquoi la dryade du tilleul se trouve-t-elle ici à pareille heure? Il est grand jour, et ce n’est que la

nuit, à la clarté de la lune, que ses compagnes se hasardent à entr’ouvrir l’écorce des arbres ; la dryade de Clairefont ne va-t-elle pas rentrer dans son tilleul, en attendant que la nuit arrive et que la lune se lève?

— C’est vrai, répondit Odilra subitement calmée, il est grand jour, et, si un rayon de soleil tombait sur moi, il transpercerait mon corps de vapeur comme une flèche de feu.... Mais pourquoi donc étais-je venue ici?... Il me semblait.... Je ne sais plus pourquoi je suis venue. »

Elle regardait autour d’elle d’un air effaré. Sur un geste de Paula, Savinien et quelques autres personnes s’étaient placés devant les blessés.

Paula poursuivit après une courte pause :

« Ta tâche est finie ; il faut rentrer, car le soleil brûle, et tu serais bientôt desséchée comme la rosée du matin.

— Vous avez raison.... Maudit soleil 1... Et pourtant il réjouit mon arbre, et lui fait pousser des feuilles vertes ; j’aime à le sentir chaud et doux, quand il se glisse entre mes branches entrelacées. »

Pendant qu’elle parlait, deux femmes de chambre avaient saisi ses mainset l’entraînaient vers l'escalier. Paula et Savinien la suivirent; mais comme ils commençaient à franchir les degrés, un domestique vint demander au maître de la maison ce qu’il fallait faire d’André.

« Ce que vous voudrez, répondit Savinien durement: c’est ce misérable vagabond qui est cause de tout.... Informez-vous de sa demeure et envoyez-le chez lui avec quelques louis.... Que l’enfer le confonde! '

— Ce jeune homme paraît bien mal pour être transporté.

— Que m’importe? Je voudrais que le diable....

— Paix J mon frère, interrompit Paula d’un ton de

reproche. Que dirait votre fille, en revenant à elle, si elle apprenait que vous avez traité son protégé avec tant de barbarie?... Et puis je l’aime, moi, ce pauvre garçon; il est honnête, courageux, plein de cœur; je ne veux pas qu’on le jette ainsi à la porte, brisé, presque mourant.... Croyez-vous que notre chère Salomée l’eût souffert ? » ' -,

Puis, se tournant vers le doméstique:

* On portera M. André Gambier dans la chambre bleue, poursuivit-elle, et l’on aura le plus grand soin de lui; puis on ira prévenir sa mère qui demeure au village de Clairefont.... Vous conduirez le docteur Delmas, dès qu’ilarrivera, auprès dé M. Gambier.... Quand ma nièce sera plus tranquille, j’irai moi-même m’assurer si mes ordres' ont été exécutés, et, s’il y manque quelque chose, je m’en prendrai à vous. »

Savinien semblait avoir quelques objections" à élever contre cet arrangement; mais sa belle-sœur venait d’invoquer des souvenirs sacrés pour lui. Aussi garda-t-iî le silence et il se hâta de suivre sa 011e, que Paula avait rejointe déjà.

Les domestiques allèrent chercher des chaises longues afin d’opérer le transport des blessés avec le moins de secousses possible. Pendant ce temps, les femmes de la maison entouraient André, dont l’état était particulièrement alarmant. Le comte Max se trouva donc seul auprès de Yernon, que son épaule démise n’empêchait pas d’observer avec attention ce qui se passait. -

Max, pâle et immobile, paraissait atterré.

«r Eh bien! monsieur le comte, dit Vernonavéc uhe pitié affectée, vous paraissez bouleversé comme si vous ne vous étiez pas attendu à ce que vous venez devoir? Savinien, le vieux renârd, né vous avait-il r donc pas prévenu ?

— Prévenu de quoi? que voulez-vous dire?

— Que la future princesse souveraine de Lichtenwald était...; Mon Dieu! personne ici, depuis long- ' . >: . temps, n’ignore ce malheur.... - - ...

— Parlez, monsieur, expliquez-vous.... Est-ce que vous prétendriez que cette charmante créature est....

— Elle est folle ! monsieur, répliqua Yernon d’une voix sourde ; vous l’avez vue et entendue ; il n’y a plus moyen de s’en cacher. * . .

\ Le comte poussa un léger cri de douleur, comme s’il 1 n’eût pas compris la vérité jusqu’à ce moment, et ^ .

tomba anéanti sur une banquette, en se couvrant le visage. ; J -

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