ET L'HOMME PARUT
(Lithographie)
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cherche à élucider ainsi qu'à étendre (1). Et comme chaque époque accomplit sa tâche particulière, cet espace de cent ans marquera par des caractéristiques spéciales dans la filière ininterrompue des investigations de l'esprit. Ainsi le Préhistorique et la Microbie, si l'on y ajoute la théorie de l'Evolution (2), jetèrent sur l'énigme mystérieuse de notre origine des lueurs soudaines. Notre entité apparut pour ainsi dire sous un angle nouveau. (3) »
Le grand initiateur en cette matière fut Clavaud, dont nous avons signalé déjà la profonde influence sur la formation de la personnalité intégrale de Redon. N'était-il pas en sa spécialité, un botaniste notable et de valeur originale.
À l'artiste encore jeune, le savant déjà müûri exposait ses observations et ses vues d'’hypothèse. «Il travaillait dans l'infiniment petit. Il cherchait — je ne sais trop vous dire — sur les confins du monde imperceptible, cette vie intermédiaire entre l’animalité et la plante, cette fleur
Coll. J. Quinn, New-York.
Fleur illuminée.
(1) On peut se demander quelle curiosité ressentirait actuellement Redon envers les travaux d'un Lebon, sur les propriétés de la matière et de la force, ainsi que leur identification entrevue — ou bien l'essai de synthèse mathématique de l'Univers, proposé par un Einstein. Et quelles œuvres
plastiques produirait-il en corrélation ? c- (2) À laquelle se rattache le Darwinisme avec la sélection naturelle.
PNR CEE K, p.14,
ou-cet être, ce mystérieux élément qui est animal durant quelques heures du jour et seulement sous l’action de la lumière (1). »
Ainsi Clavaud lui ouvrait d'immenses horizons sur l'essence même de la vitalité et ses obscures origines. Il lui révélait le sens profond des lois qui régissent la matière, lui enseignant aussi ce que sont la méthode analytique et la synthèse. Par là s’agrandissait pour l'esprit de l'artiste, la portée du monde extérieur qui, sublimé ensuite par l'imagination, devenait en quelque sorte infini...
Certainement Redon s’est intéressé à la Littérature. Mais l'influence ressentie paraît moins capitale et décisive que les trois autres. Non pas qu'il ne fit des lectures abondantes et variées dontil retirait un véritable fruit. Cependant, contrairement à ce que d'aucuns ont pu croire — et même écrire, l’action exercée, en dehors de sujets l’incitant occasionnellement à produire, n’a pas influencé essentiellement l'inspiration qui anime son œuvre plastique. C’est plutôt pour la formation générale de l’homme, sa culture intellectuelle — et ceci d’ailleurs n'est point négligeable, que sa curiosité des livres a pu servir. À
(En ce qui concerne ses goûts littéraires, Redon se montrait principalement classique. Toutefois, parmi les maîtres de notre passé, il avouait une particulière attirance pour ceux dont l'originalité marquée s'accompagnait d'une langue savoureuse : ainsi Montaigne (2) et Saint- Simon. Mais avant tout et surtout son livre de chevet fut Pascal, cet abîme de pensée, si l'on peut dire, ce visionnaire logique, qui éprouve et sait nous communiquer, en un style d'une inimitable profondeur, le vertige de l’Infini.» Ajoutons que (dans le siècle dont il était, Redon s'attacha de préférence à des littérateurs d'exception : Edgar Poe, somnambule d'un rêve étrange, mais demeurant toujours clairvoyant des exactitudes scientifiques de la vie matérielle ; Baudelaire, âprement ironique et tout ensemble douloureusement exacerbé ; Flaubert enfin, évocateur en phrases sonores et imagées des prestigieuses visions de la Tentation de Saint-Antoine (3) ».
(1) On. R., À S. M., p. 19. — Au sujet de Clavaud, voir aussi : App., note |.
(2) A l'égard de l'auteur des Essais, faut-il voir chez Redon un attrait de plus provenant de la communauté de Terroir. En effet, le grand écrivain né dans le Périgord, vécut aussi de longues années à Bordeaux, où il occupa d'importantes fonctions municipales.
(3) À. M. Gaz. des B.-A., p. 143 et 144.
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« À travers ses longs cheveux qui lui couvraient la figure, j'ai cru reconnaître AÂmmonaria.….. »
(Lithographie.)
(Planche tirée de l'Hommuge à Flaubert.)