‹ Odilon RedonChapitre 21 sur 88 · EXT · texte numérisé non relu

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Dirons-nous encore l'intérêt de sympathie qu'il portait aux tentatives, vers ou prose, de la jeune littérature contemporaine qui, sous le nom d'ailleurs un peu vague de (Symbolisme», visait au raffinement des sensations et au renouvellement du verbe. Le grand chef reconnu de l'Ecole était alors Mallarmé, intime ami de Redon. L'artiste aimait aussi Verlaine. Il feuilletait les œuvres d'André Gide, d’Adrien Remacle, de F. Hérold, surtout de Remy de Gourmont (1), et suivait le mouvement de publications d'avant-garde, telles que : le Mercure de France, la Revue indépendante, la Revue blanche.

Nous ne saurions manquer de répéter ici une observation faite jadis par nous, et qu'il est loisible de vérifier en un volume récemment paru (2) : « Qui sait si l’auteur de Dans le Rêve, ne sera pas reconnu luimême, et légitimement, comme un écrivain ? Pour notre part nous considérons, outre les légendes mises par lui comme un piédestal à ses estampes, qu'il a laissé des pages, pouvant être confrontées comme élévation de pensée avec le Journal de Delacroix, comme réflexions sur l'art avec la critique savante et raisonnée de Fromentin (3). »

En effet, si les essais restés manuscrits de la jeunesse de l'artiste apparaissent hésitants, confus, portant en leur esprit comme dans leur forme un cachet romantique, il n’en fut pas de même par la suite (4). Au fur et à mesure des expériences de la vie, sa pensée se clarifiait et se haussait, son style müûüri se concentrait. De sorte que c'est précisément quand Redon abandonna le juvénile dessein, conçu bien fugitivement, d'être littérateur, qu'il nous paraît, dans les pages écrites seulement pour épancher sa méditation ou satisfaire la curiosité de ses amis, mériter vraiment le titre d'écrivain.

(1) Pour certains d'entre eux, comme il l'avait fait à l'égard de ses amis de Belgique, Redon composa des frontispices. Voir : ADRIEN REMACLE, La Passante (roman d'une âme), Paris. Bibliothèque artistique et littéraire, 1892. — F. Herozn, Chevaleries sentimentales.

(2) OniLoN Reno, À Soi-Même (Journal, 1867-1915). Notes sur la Vie, l'Art et les Artistes. (Introduction de Jacques Morland). Paris, H. Floury. 1922.

(3) À. M, Gaz. des B.-A., p. 144.

(4) Les premières pages publiées de lui qui méritent attention sont les études concernant le Salon de 1868, parues à la Gironde, et, dans le même journal, l’article sur Bresdin, en 1869.

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P'ŒEUNRE DE REDON

Après l'étude préliminaire qui vient d’être faite, on peut aborder avec plus de clarté l'œuvre même de Redon. Nous le diviserons, afin de conduire méthodiquement notre examen, en ses diverses parties techniques, nous efforçant ainsi de mieux pénétrer et comprendre chacune d’entre elles.

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