‹ Odilon RedonChapitre 30 sur 88 · TA RU CS · texte numérisé non relu

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Coll. de M®° Redon.

Études de chevaux (Dessin à la mine de plomb).

l'eau, et pastel également, pour ses œuvres que des matériaux de premier choix. Il ne regardait jamais à la difficulté de se les procurer, non plus qu'au prix élevé qui en résultait. Tel est le respect qu'un artiste vrai aura toujours pour ses œuvres, quand 1l y a mis toute son âme et son talent, afin de leur assurer le maximum de perfection matérielle, et aussi cette durée qu’il souhaiterait assurée à jamais. Or Redon sous ce rapport, ne voulait se fier qu'à l'expérimentation. C'est pourquoi, dans son atelier de Bièvres, tout isolé au fond du jardin, il étalait sur du papier ou sur des toiles, les éléments colorés, puis il les exposait longuement au soleil d'été. Et ce n'était qu'après la certitude entière de leur pleine solidité, qu'il les employait. Car il savait combien l’altération d’un ton risquait de détruire, dans l'avenir, toute harmonie d'ensemble savamment dosée et synthétiquement établie.

Nous n'avons, à l'égard des pastels, point d’autres considérations à développer que pour la peinture. Ce sont sujets semblables : (Même inspiration et pareille facture, avec plus de vivante fraîcheur encore si possible, tenant à la pureté de la matière employée que n’alourdit aucun véhicule étranger destiné à la fixer. (1) »

$ IT. Œuvres décoratives.

Nous indiquons à part les œuvres réalisées par l'artiste dans le domaine spécial de la décoration.

(Redon a fait quelques ensembles décoratifs. D'abord une chapelle à Arras, qu'il achevait lorsqu'éclata la guerre de 1870. Ensuite, pendant sa dernière période, toute une pièce avec fleurs et figures allégoriques au Château de Domecy, à Sermizelles (Yonne), en 1900: une loge dans le salon de M”* Chausson, à Paris (2); la décoration de la bibliothèque de l’ancienne abbaye de Fontfroide, dans le Midi,

(1) A. M., Gaz. des B.-A,, p. 153. | (2) Dans une paroi de cette vaste pièce consacrée à la musique, s'ouvre la petite loggia en retrait, comprenant un large panneau de fond, et deux autres plus étroits sur les côtés. Les motifs ornementaux se composent d'une végétation fleurie, mi-réelle et mi-partie idéalisée, dans le même esprit que celui où Redon exécuta plusieurs de ses œuvres de chevalet. On peut considérer cet ensemble comme caractéristique de la conception décorative de l'artiste.

devenue la propriété de M. Fayet. Ajoutons des paravents pour M. Sainsère, M"° de Cystria, prince Bibesco, etc. (1) »

Mais ( une mention particulière est due à l’ameublement entier : fauteuils, chaises et écrans, commandé et exécuté par les Gobelins. Avec une fantaisie toute moderne de création, Redon sut néanmoins observer ce principe fondamental, trop souvent oublié ou négligé de nos Jours, que décorer un objet c'est l’embellir en respectant sa destination utilitaire, et sans surcharge alourdissante. De plus, se gardant également des séductions matérielles qu'ont apportées les découvertes de la chimie dans la teinture mille fois nuancée des laines et des soies, il a conservé à la tapisserie son caractère à la fois solide et souple de trame tissée, sans viser au trompe-l'œil, rival de la peinture de chevalet (2) ».

Il existe également de l'artiste quelques beaux cartons, notamment pour des tapis, mais qui n'ont pas encore été exécutés.

(1) A. M. Gaz. des B.-A., p. 153.

(2) À. M. Gaz. des B.-A., p. 154.

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