GOUVERNEMENT ECCLÉSIASTIQUE
CETTE Province est de quatre Diocèses différons, sçavoir, Bezançon, Basle, Spire et Strasbourg.
Il y a environ 24. Paroisses qui dépendent de l'Evêché de Bezançon.
Près de 240. Paroisses, c'est-à-dire, presque toute la Haute- Alsace dépend de celui de Basle, dont l'Evêque tient un Officiai à Altkirck petite Ville de la Haute-Alsace sur les frontières de la Suisse. Les appellations simples de cet Officiai se relèvent pardevant celui de Bezançon qui est son Métropolitain: Les appellations ^186] comme d'abus, se relèvent au Conseil supérieur d'Alsace.
Une partie de la Basse-Alsace, au nombre d'environ 1 10. Paroisses, dépend de l'Evêché de Spire, TOfficial pour cette partie réside à
. Il juge définitivement les simples appels ; ceux comme d'abus sont relevés au Conseil supérieur d'Alsace.
L'Evêché de Strasbourg est très-ancien, on prétend qu'il existoit
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du iems de Constantin-le-Grand, et qu'en 346. S. Amand Evêque de Strasbourg, assista au Concile de Cologne.
Cet Evêque fut déclaré Suffragani de Mayence par Charlemagne, qui érigea cette dernière Ville en Métropolitaine • Les Rois des deux premières Races et les Empereurs Otthon, Henry et Lothaire donnèrent de si grandes Possessions à cette Eglise, que les plus grands Princes en recherchèrent les Bénéfices avec empressement, et que fondés sur un usage, qu'ils disoient être aussi ancien que leur Institution, ils exclurent les Roturiers dès le 13^ siècle, et ensuite les simples Gentilshommes, malgré les oppositions des Papes.
La Ville de Strasbourg ayant embrassé le Luthéranisme Tan 1529. les Habitans chassèrent le Chapitre, les Moines, les Prêtres et tout ce qui étoit attaché à la Religion Catholique (car pour TEvêque, la Ville craignant depuis long-tems qu'il n'entreprit sur sa liberté, il avoit été convenu par des Capitulations qu'il feroit sa résidence à Saverne.) Ils y retournèrent en 1550. mais après l'abdication de Charles-Quint arrivée en 1556. ils furent si effrayés de se trouver sans appui au milieu d'un Peuple nombreux qui leur étoit opposé, qu'ils se retirèrent à Molsheim.
[187] L'Evêque étant mort sur ces entrefaites, les Luthériens élurent Georges Prince de Brandebourg, et les Catholiques assemblés à Saverne élurent Charles, Cardinal de Lorraine; ce qui excita une longue guerre entre les deux partis, qui diminua considérablement les revenus de l'Evêché, ayant été convenu par le Traité de 1604. conclu à Haguenau, que l'Evêché demeureroit au Cardinal de Lorraine moyennant une grande somme, pour le payement de laquelle, il aliéna à la Ville de Strasbourg, le Bailliage de Marlenheim et beaucoup d'autres Droits.
Des quatre Canonicats Luthériens qu'il devoit y avoir dans l'Eglise de Strasbourg suivant le Traité de pacification, ilensubsistoit encore deux en 1687. Un arrêt du Conseil supérieur d'Alsace, séant pour lors à Brisack, en dépouilla les Princes de Brunswik et de Meckelbourg qui en étoient pourvus ; et depuis ce tems il n'y a plus eu de Chanoines Protestans.
Le Chapitre est composé de douze Chanoines Capitulaires et de douze Domiciliaires; Les Capitulaires sont ceux qui ont entrée et voie délibérative au Chapitre.
Les Domiciliaires n'entrent point au Chapitre, ce sont proprement des places d'attente pour parvenir à celles des Capitulaires.
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L'Evêque est membre de TEmpire, et jouit avec la même Supériorité Territoriale que les autres Souverains d'Allemagne, de deux Bailliages considérables situés au-delà du Rhin, en conséquence desquels il a voix et séance à la Diette de l'Empire et fournit son Contingent, tant en Troupes que pour l'entretien de la Chambre de Spire, transférée à Vetzlaar.
[188] L'Evêque est élu par les Chanoines; si c'est Tun d'entr'eux, il ne faut qu'une voix au-delà de la moitié de celles des présens pour rendre l'Election valable ; mais si c'est un Etranger, ce ne peut être que par postulation; et dans ce cas, la validité de l'Acte requiert les deux tiers des voix.
Pour être Chanoine, il faut faire preuve, pour les Allemands, de quatre générations de Comtes ou Prince de l'Empire; et pour les François, de quatre générations de Ducs ou, Princes.
Il y a dans la dépendance de ces Evêchés plusieurs Abbayes d'hommes et de filles, des Chapitres nobles et non nobles, des Eglises Collégiales et des Communautés de Prêtres, des Prieurés simples et à charge d'ame, des Commanderies {les Ordres de Malthe et Teutonique et autres Bénéfices, dans le détail desquels on croit inutile d'entrer.