Réflexions, I, chapitre sur la Gabelle
b. OEeon.^ I, p. 5i [75], diaprés Melon, Essai sur le commerce, cité par Dupin.
trine, est entièrement subordonné à l'intérêt national. Producteur, il produit pour alimenter le trésor de son roi. Il doit subir son contrôle. Sa vie entière est sous la surveillance du roi ; sa religion, son état civil, les fêtes du calendrier, son art, son travail, sa postérité ^
Le célibataire est proscrit, Toisif détesté -, les fêtes de la religion catholique, trop nombreuses, inspirent à Dupin, resté cependant le défenseur de la religion, sinon de la foi catholique, reloge du protestantisme ^. Tout ce qui amoindrit la richesse du pays lui paraît être un larcin fait au roi.
C'est en eflfet par la prospérité du pays qu'il gouverne, qu'un roi est puissant et s'assure Tindépendance.
Cette prospérité est la source de Tirnpôt *. Produire devient, dès lors, une nécessité. Le souci de la répartition n'apparaît pas, dans l'œuvre de Dupin, et le souci de l'équité, quoiqu'il se manifeste, n'est pas le sentiment qui l'anime essentiellement dans l'énoncé des principes qu'il formule en matière
1. « Tous les sujets de la République appartiennent à la République et leur ff postérité », répété à plusieurs reprises dans les OEconomiques.
2. « Les oisifs sont les frelons et les g^uèpes de la République ; non seulement, dit Dupin, après Platon ils nuisent par leurs aiguillons, mais encore ils troublent les abeilles dansleurs travaux et dévorent leur subsistance «(OEcon., I, p. 177 [24S]).
3. « Depuis rétablissement de la Religion prétendue réformée, cette égalité se trouve détruite et la balance afTaiblie de plus d'un 7« à notre préjudice, car elle permet dans Tannée au moins 50 jours de travail plus que la catholique. » OEcon,^ I, p. 63 [89]. L'idée est reprise dans un chapitre entier des Réflexions sur les fêtes. « Il faudrait supprimer les fêtes pleines etlesdemi-fétcs pour les renvoyer toutes au Dimanche. » Cf. Esprit des Lois^ livre XXIV, chap. xxiii.
Dupin reproche en outre à la religion catholique d'avoir institué le célibat des Prêtres. Dans une note en marge de l'édition originale, CEcon.^ I, p. [299], Dupin écrit : « L'Eglise romaine est plus intéressée qu'on ne pense à la suppression ou du moin» à la grande diminution du monachisme et du célibat. Si les choses continuent sur le pied qu'elles sont actuellement, l'église pix>testante engloutira la romaine parce que l'une croit et que l'autre diminue sans cesse : à la vérité, la Providence a de grandes ressources, mais n'est-il pas tf^méraire delà tenter? »
4. « Les revenus du prince consistent dans la richesse des sujets » [CEcon., 1, p. 53 [73]}. Cf. a La base delà bonne finance est le maintien des peuples dans faboudance nécessaire pour l'imposition. »
INTRODUCTION XXXI
d*impôts K II n y a pas, dans les Œconomiques, de chapitre sur resclavage, mais dans les Béfïexions il n'est pas éloigné de le justifier et dans les Œconomiques, il adopte, pour son propre compte^ cette opinion de la « sage )> nation chinoise : K L'égalité des conditions n'est pas seulement une chimère, elle serait une source de fainéantise et de misère ^. » L'inégale répartition de l'impôt est essentiellement condamnable aux yeux de Dupin, parce qu'elle est de nature à décourager le producteur.
Mais quelle source productrice le rôle tutélaire du roi doitil surtout s'attacher à développer ? « Mon royaume, disait Charles YIII, est une prairie abondante dans laquelle paissent une multitude innombrable de brebis avec des toisons d'or, que je puis tondre aussi souvent qu'il me plaît 3. » Quelle brebis devait donner la plus merveilleuse toison d'or ?
Nous avons vu Dupin en considérer plusieurs avec, en apparence, une égale convoitise. « Trois choses, écrit-il dans les Observations y contribuent à la richesse de l'Etat : l'agriculture, les arts et le commerce. L'agriculture recueille les dons de la Nature et la force pour ainsi dire à nous les prodiguer, Tart les met en œuvre, le commerce les transporte où Ton en manque, et par son moyen le laboureur et l'artisan se débarrassent facilement d'une partie superflue pour s'en procurer une autre qui leur est nécessaire *. » C'est la même
1. a Dans les pays où la taille est arbitraire, la crainte y retient presque toujours riiidustrie et le travail, le paysan et Tartisan aiment mieux rester oisifs que de faire produire la terre, pour être exposes au caprice et à la vengeance d'un collecteur» {CEcon., I, p. [75] 54).