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ment et simplement le recours à ces navires ennemis. Dupin compte en outre sur le développement des grandes Compagnies maritimes que le roi doit fonder et soutenir : u Un commerce si éloigné ne doit point être livré à des particuliers, tant à cause des grandes dépenses qu'il exige que parce que V intérêt personnel le ruinerait infailliblement *.»
En même temps que la constitution de O®" priviligiées, instruments d'indépendance pour le pays, Dupin préconise la constitution d'une Banque d'Etat, à l'imitation des principes posés par Law, et pour nous donner une arme dont disposent « Gènes, Venise, Milan, Naples, Vienne, Rome, Amsterdam, Hambourg, Londres, Edimboui^, Stockholm, Copenhague » 2. Ce sont là les deux organes indispensables à l'essor commercial, qu'il convient de créer ou de perfectionner sans cesse.
Cette brève analyse des idées essentielles de Dupin, en matière économique, aura aisément permis de reconnaître rinspiration raercantiliste. Chez peu d'auteurs français, la politique de ce nom a reçu une expression aussi systématique et aussi nette.
La science de la Nation la plus habile consistait alors à se donner des tarifs qui, en favorisant la naissance et le développement des manufactures, facilitaient le commerce d'exportation, source d'une abondante rentrée d'argent. Le développement des manufactures et de l'exportation étaient considérés comme la source de la richesse d'un Etat.
Ces principes, pressentis dès la formation des nationalités, avaient inspiré à Colbert le tarif de 1667, qu'accentuèrent dans la suite, pendant toute la première moitié du xviii** siècle,