‹ OEconomiques, 1745. Pub. avec introduction et table analytiqueChapitre 20 sur 168 · INTRODUCTION XXXVII · texte numérisé non relu

INTRODUCTION XXXVII

un grand nombre d'arrêts du Conseil du roi. En 1667, Colbert avait augmenté les droits d'entrée sur les marchandises fabriquées à l'étranger et importées chez nous. Lorsque nos manufactures se furent éveillées, la législation protectrice se fît plus sévère encore à Fégard de la concurrence étrangère. L'arrêt du 26 octobre 1686, constamment remanié, atténué, renouvelé depuis, interdisait complètement l'usage des draperies étrangères, des étoifes et toiles peintes des Indes et de la Chine ^ Un inspecteur spécial était délégué à Metz pour en surveiller l'application. Les chapeaux, les bas étaient également chargés de droits exclusifs. A l'inverse, l'arrêt du 1®"^ août 1733, réduisit d'un tiers environ le tarif des droits de sortie d'un grand nombre de produits manufacturés; le 13 octobre 1743, le roi exonère de tous droits de sortie les étoffes des manufactures royales, les ouvrages de bonneterie, les toiles du cru. Pareilles mesures avaient été prises en 1701, en 1716, en 1733, pour les étoffes et rubans d'or, d'argent, de soie; en 1716, pour les toiles de lin, les étamines de Reims, d'Anjou, du Mans ; en 1702, pour les toiles des fabriques de Laval et Marigni, les futaines et basins, etc.

C'était d'ailleurs la politique universellement suivie. Savary, dans son Dic/io/i/iaire, donnel'état des législations étrangères ^. En tout pays, la même pratique était adoptée. Dupin fournit ce détail particulièrement précis : L'Angleterre, qui ne produit pas de vin et ne peut espérer en produire, n'en prohibail pas moins, pour faire naître chez elle les brasseries et échapper à la sujétion de la viticulture, l'entrée des boissons étrangères. Elle frappait le tonneau de vin de France d un droit de 1.286 livres 8 sols (en monnaie française) quand il était importé par navire anglais et de 1 .423 livres 3 sols quand

1. Voir, sur celte importante question, Touvrage définitif de M. Edgard Depitre. La Toile peinte en France au XVII* et au XVIII" ». Rivière, éditeur,

2. Savary des Brûlons, Dictionnaire universel du commerce^ Paris, 1741, mot ■ commerce ».

Page 1