V. Histoire de Chenonceaux, op. cit
2. Correspondance avec Grimm, éd. Gamier, t. VIIT, p. 311. Lettre de mars
3. Corrcspoiidaïice, édition Lefebvre, t. V, p. 37i, et Œuvres complètes^ éd. Lefebvre, p. 663. Lettre k l'abbé Guasco : « Depuis le futile de La Porte jus>
INTHODUGTION XIII
Voltaire priait qu*on lui « fît la faveur » de ses ouvrages * ; il se félicite de les avoir connus et les utilise. Le marquis de Paulmy leur reconnaît une très grande valeur 2. L'abbé d'Olivet les vante et les fait lire autour de lui. L'abbé de Saint-Cyr discute ardemment les idées de Fauteur, dans une correspondance malheureusement inédite. Mairan demande à Dupin son avis en matière financière.
Les Dupin étaient en rapport, on le voit, avec l'élite du temps. M"* Dupin a laissé, dans une sorte de petit carnet d'adresses dont récriture est de Jean-Jacques, la liste des personnes qui fréquentaient chez elle. Cette liste des « visités » de M"*® Dupin comprend 223 noms, en dehors des amis intimes et des écrivains. Toute la noblesse de Tépoque figure sur ce carnet. Parmi les plus intimes familiers, nous avons déjà cité Tabbé de Saint-Pierre. Ce fut Tami de prédilection de M™® Dupin, une abondante correspondance en témoigne. Ils étaient à eux deux « la grâce et la philosophie de Chenonceaux » ; Tabbé de Saint-Pierre y venait tous les étés, et George Sand raconte même qu'il y mourut^. A Paris, la surveillance de Finstruction de M. de Chenonceaux lui était confiée, et il envoyait des nouvelles de Tenfant à la mère. Il lui communiquait ses propres écrits et lui écrivait en 1738, à propos de son travail sur la taille tarifiée : « C'est votre ouvrage puisque vous aimez la méthode qui fait rendre justice au
qu*au pesant Dupin, je ne vois rien qui ait assez de poids pour mériter que je réponde aux critiques: il me semble même que le public me ven^^c assez et par le mépris de celles du premier, et par V indignation contre celles du second. » (L'abbé de la Porte avait été le premier à critiquer VEsprit des Lois dans ses feuilles périodiques ; il y aurait été, parait-il, induit par Dupin.)
1. Voltaire, Œuvres complètes, t. XXX de l'édit. Gamier: Commentaire sar r« Esprit des Lois », et Villeneuve-Guibôrt, Le portefeuille de M"^' Dupin^ 1884, Calmann-Lévy, édit. Lettre de Voltaire du 22 mai 1751.
2. Note manuscrite en tète de l'exemplaire des Réflexions sur /'« Esprit des Lois », de Dupin, à la bibliothèque de TArsenal.
3. Histoire de ma vie, loc. cit, : C'était d'ailleurs une erreur, que G. Sand réparc en note.
XIV INTRODUCTION
pauvre, qui est vexé par la recommandation injuste de ceux qui ont du crédit et par la passion des collecteurs » *. De Dupin, il écrivait : « Je vois qu'il prend confiance à mes discours, il veut avoir mes autres ouvrages et je lui en ferai présent car il les mérite » 2. L'amitié du vieil abbé qui signait ses lettres : a Paradis aux Bienfaisants » , est un gage de la bonté exquise de M"* Dupin. Il inspirait ce qu'elle écrivait et elle aimait toutes les chimères que cette vieille âme « animée de l'amour du bien public » caressait avec délices. Elle donnait à résumer à Jean-Jacques la Polysynodie et le Projet de Paix perpétuelle, et les éloges dont elle comblait ces ouvrages, faisaient, nous dit un correspondant anonyme, « éclore les roses sur le visage de l'abbé '^ ».
Aux Vendredis de M"® Dupin, à côté de l'abbé de Saint- Pierre, venaient son (idèle ami Fontenelle, le seul qui n'eût pas voté son exclusion de l'Académie française à la suite de ses publications ; Tabbé d'Olivet, qui avait été ami de Boileau etquireçut Voltaire à l'Académie. Voltaire lui-même fréquentait chez M™° Dupin, et retrouvait à Thôtel Lambert, qu'il avait habité, les souvenirs du temps où il était l'hôte de M'^^du Châtelet. D'Argenson, Mairan, Mably, Saint- Aulaire étaient des assidus. Il faut signaler spécialement la présence de Montesquieu : ce fut aussi un ami, pendant quelque temps. De Bordeaux, il expédiait, en 1744, de son vin à l'hôtel Lambert ^. La même année il écrivait : « J'ai un grand désir de