Id., iJbid., p
4. [d., ibid., p. 132 : « Je vous supplie de croire que ce n'est pas parce que vous êtes une très jolie femme et très aimable, que je vous écris : car d'ailleurs je n'ai aucune affaire à vous, la perte de ce vin ne vous concernant point, n'ayant Jamais mis dans mon arrangement qu'il pût être au risque de M. Dupin. Je vous supplie, n'en parlons plus. S'il y en a de bon, cette année, je lui en écrirai et je m'arrangerai avec lui ou vous pour vous en envoyer. Madame. Je suis bien fâche que mon voyage de Cheuonceaux se retarde tous les jours. Ce serait un grand plaisir pour moi de vous y rendre une lougue visite et de
INTRODUCTION XV
VOUS revoir ; je suis dégoûté de tout ce qui n'est point rendu agréable par votre présence... J'ai l'honneur de vous prédire une année charmante. » Et il ajoutait: « Ayez la bonté de parler de moi à M. Dupin : vous savez combien j'aime à Tentendre ^.. Quand aurai-je le plaisir de vous revoir ! c'est un de mes délices que je mets à la tête des charmes de la ville de Paris. » Quand il se trouvait « sur les rives de la Seine », il apportait des madrigaux dans les salons de l'hôtel Lambert ou de la rue Plâtrière, et l'on faisait cercle autour de son petit habit bleu pour jouir dé sa verve gasconne 2.
Montesquieu nous a déclaré de lui-même : « j ai assez aimé à dire aux femmes des fadeurs et à leur rendre des services qui coûtent si peu. » La nature de ses relations avec M™*' Ehipin n'était empreinte que d'une galanterie superficielle et Tamabilité réciproque dura peu. Jean- Jacques, à son retour de Venise, nous dit ^que Dupin travaillait à la réfutationde l'Esprit des Lois dont Montesquieu faisait connaître des fragments dans les salons où il fréquentait. Cette réfutation, à laquelle M"® Dupin collabora, ne fut pas bienveillante, nous le verrons. Par allusion à ce qu'elle eut d'acerbe et à la profession de Dupin, Montesquieu écrira qu'il va comparaître « au tribunal de la Maltôte w et il n'aura de cesse qu'il n'ait déterminé M™* de Pompadour à faire supprimer cette critique.
Les Œconomiques sont un ouvrage rempli d'allusions certaines aux idées de Montesquieu. Rien n'était plus différent que les méthodes et la nature d'esprit de Montesquieu et de Dupin. L'un généralisateur excessif, doctrinaire, peignait, nous dit Albert Sorel, la République et la Monarchie, comme Molière a
vou» «uivrc dans vos tournées, comme faisait le pauvre Abbé de Saint-Pierre qui a*a jamais eu de sa vie des regrets que de vous quitter, c'est-à-dire de mourir. »