‹ OEconomiques, 1745. Pub. avec introduction et table analytiqueChapitre 28 sur 168 · XLVIII INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XLVIII INTRODUCTION

matière, de servir essentiellement les intérêts du commerce national^ il ne pense pas qu'il faille, dans ce but, « établir avec un grand soin tout ce qui empêche que notre argent ne sorte du royaume ». C'était là une préoccupation qu'on avait longtemps eue et la maxime ci-dessus figure dans le Testament politique de Colbert ^ ;elle est d'ailleurs bien conforme aux convictions de ce ministre qui menaçait de confiscation les armateurs de Marseille, lorsqu'ils envoyaient des espèces dans le Levant *, et recommandait, pour attirer l'or étranger, « de tromper la surveillance «(lire soudoyer) des officiers étrangers chargés d'appliquer dans leur pays les mêmes règles ». C'était là une préoccupation que Dupin a expressément combattue : « Jamais personne, écrit-il, n'a tiré de l'argent d'un Etat sans lui en avoir fourni la valeur en denrées ou en marchandises. L'argent doit être considéré comme marchandise, on ne doit par arrêter sa course ; plus elle est rapide plus il rapporte. Celui qui rentre en fait sortir. » Et encore : « Il est de Tintérêt d'un Etat que les Etats voisins soient riches >^, ce qui était parfaitement nécessaire en effet à sa théorie de la productivité du commerce international car « un marchand qui ouvrirait boutique dans une ville de n;iendiants ne vendrait rien n.Son mercantilisme est plus perspicace et plus prévoyant que ne Tétait le bullionisme primitif, mais Boisguillebert, Law, Melon ont précédé Dupin dans cette voie et assuré ce progrès.

Dupin ne semble pas davantage partager cette erreur d'après laquelle l'augmentation des espèces monnayées pourrait résulter de l'altération, de l'abaissement et du surhaussement de l'instrument métallique, tels que les ont pratiqués aveuglément les anciens rois, et tels que les pratiqua Law

1. La Haye, 1693, chap. xv, p. 494. CEuvre apocryphe généralcmcul attribuée à Sandraz de Courtilz.

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