Confessions^ livre Vil, p
XVI mTRODUCTION
peint r Avare et le Misanthrope; l'autre , méthodique, prudent » faisait un usage infiniment plus circonspect et plus scientifique de la méthode d'observation et ne la mettait au service d'aucune idée préconçue. Tandis que M"® Dupin, d une réputation d'ailleurs irréprochable, recevait les compliments et les madrigaux ; tandis qu'elle traduisait les sonnets de Pétrarque, et presque Saint-Simonienne, au dire de G. Sand ', bien avant le Saint-Simonisme, dictait à Rousseau le Traité du Bonheur, petit opuscule rempli de rêves égalitaires ; tandis qu'elle rassemblait, sous les hautes branches de l'Allée de Sylvie, à Chenonceaux, et, à Paris, dans le salon des Muses, où les neuf sœurs étaient peintes ^ avec leurs attributs, cette brillante compagnie d'admirateurs, Dupin isolé, laborieux, entouré d'une académie moins brillante* du P. Berthier, savant jésuite connu pour ses querelles avec Voltaire et les Encyclopédistes, d'un physicien et mathématicien, le P. Castel, auteur del'Oplique des Couleurs, de M. de Galezière 3, ami de l'abbé de Saint-Pierre, réservait ses méditations pour des sujets plus austères, et choisissait une dixième muse que l'antiquité n'avait guère connue, et dont les contemporains d'alors s'étaient déjà détournés ^, sans s'être épris de sa rudesse : l'Economie politique. C'est avec les amis dont il s'entourait que Dupin composa ses ouvrages et chacun d'eux a, de la sorte, le caractère et l'intérêt d'une œuvre collective .
Les (économiques sont un recueil de mémoires qui furent lus et commentés, puis rectifiés et complétés d'après les indications des auditeurs. Pour les autres ouvrages de Dupin, la collaboration semble plus étroite encore.