Dictionnaire des finances de Léon Say, mot Dupin
Mouvement physiocratique en France ^, le rattache nettement à ces doctrines nouvelles. Il le fait, il est vrai, un peu imprudemment, puisqu'il signale comme l'un des chapitres caractéristiques à cet égard le chapitre des Œconomiques intitulé : Obiservations sur le Royaume d'Angleterre '*, dans lequel, déclare-t-il, c'est la perfection de l'agriculture dans ce royaume qui fait Tadmiration de Dupin. Or, ce dernier ne dit pas un mot de Tagriculture, et n'étudie dans ce chapitre que l'organisation politique de l'Angleterre.
M. Depitre laisse également entendre que Dupin s'est, le premier^ éloigné des principes de l'ancien régime en matière de réglementation des grains, et Turgot l'avait en effet sigTialé, comme l'un des premiers « à établir les nouveaux principes, avant qu'aucun des écrivains qu'on nomme économistes n'ait encore rien publié dans ce genre ^. De même Herbert, dans l'avertissement de son Essai, cite parmi les ouvrages qui ont préparé le sien, à côté du Détail de la France, un « Mémoire imprimé en 1748 » qui est vraisemblablement le Mémoire sur les Bleds du Dupin. Cependant, de purs physiocrates, comme Mirabeau *, ont pu écrire qu'aucun auteur n'était digne d'être mentionné entre Boisguillebert et Montesquieu. Quelle est de ces deux appréciations la plus exacte ?
Que Dupin ait été réellement un précurseur de la physiocratie, ce que nous avons déjà dit de ses idées dominantes, suffit à le démentir. Bien que propriétaire foncier lui-même, Dupin mettait les ressources de l'industrie au-dessus de celles que procure l'agriculture, et, pour une fois d'accord avec Montesquieu '\