‹ OEconomiques, 1745. Pub. avec introduction et table analytiqueChapitre 35 sur 168 · V. OEcon., I, p · texte numérisé non relu

V. OEcon., I, p

Cf. Duponl de Nemours, De V exportation et de l importation des grains, 1764, collecUon Geuthncr, n" 6, p. 25 et p. ii.

INTRODUCTION LIX

jamais eu autant de blé que cette année, aussi ne vous attendez pas à toucher un seul sol de vos fermiers. » Les terres rapportant peu, les salaires des ouvriers agricoles étaient par suite extrêmement bas. La population rurale, misérable, ne se reproduisait pas ^ Du point de vue que n*abandonne jamais Dupin, il remarque que le roi y perdait la faculté d'accroître et même de conserver Timpôt. Le roi devait en outre renoncer à l'espoir d augmenter le nombre de ses sujets. D'autre part, certaines terres ne pouvant, avec leurs fruits, couvrir les frais de la cidture, demeuraient incultes : « Les terres en friche, exposées à la vue de tout le monde, voilà le cadavre de la France ! » s'écriait déjà, cinquante ans avant Dupin*, Boisguillebert ^.

Tous ces maux, si sensibles à l'Etat, provenaient d'une cause unique : la dépréciation des grains. Cet avilissement réel croissait alors, malgré la dépréciation même de l'argent^. Il convenait donc, pour détruire des effets déjà signalés par Vauban et Boisguillebert, d'assurer aux céréales « un prix constant et raisonnable » *, c'est-à-dire un prix tel que le culti> ateur puisse \ retrouver ses frais, l'indemnité de son travail, et le peuple des ouvriers et consommateurs le moyen d'assurer sa subsistance.

Cette idée « du prix constant et raisonnable » pourrait rappeler celle du « bon prix » des physiocrates : mais, pour les physiocrates, le bon prix était, en définitive, le prix le plus élevé possible, aucun autre intérêt ne pouvant être mis en balance avec celui des agriculteurs^. Pour Dupin, le prix auquel

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