Esprit des Lois, livre XX, chap. iv
INTHODIICTION
qu'on ne peut concilier avec le régime monarchique une bonne oi^anisation du crédit *, et que les entreprises lointaines sont difficilement réalisables sous le pouvoir d'un seul *. 11 sera l'adversaire des grandes compagnies maritimes et des privilèges qui leur sont octroyés ^.
D'une façon plus générale, les formes mêmes de l'activité commerciale, telles qu'il les donne pour inséparables du régime monarchique, ^ont condamnées par Montesquieu ; it Dans le gouvernement d'un seul, écrira-t-il, le commerce est ordinairement fondé sur le luxe et, quoi qulFle soit aussi sur les besoins réelg, son objet principal est de procurer à la nation qui le fait, tout ce qui peut servir à son orgueil, à ses délices, à ses fantaisies. Dans le gouvernement de plusieurs, il est plus souvent fondé sur l'économie * », et^encore : « dans une nation qui est dans la servitude on travaille plus à conserver qu'à acquérir ; dans une nation libre on travaille plus à acquérir qu'à conserver •' ». C'était là des idées assez répandues, et Lavv en avait déjà examiné quelques-unes. Mais plus qu'aucun autre, Montesquieu avait contribué à propager cette image défavorable des gouvernements monarchiques.
Xul doute, selon nous, que Dupin, lorsqu'il écrit l'histoire de
1 . a Dans le g^ouvernemcnt d'un seul, il n'y a jamais eu que le prince qui ait eu ou qui ait pu avoir un trésor et, partout où il y en a un, dès qu'il est excessif, il devient d'abord le trésor du prince » (/d., 1. XX, chap. x).
2. « Par la même raison, les compagnies de né^^ociants qui s'associent pour un certain commerce conviennent rarement au gouvernement d'un seul »> (Id., ibid.j.
3. a Si les affaires ne sont point si grandes qu'elles soient au-dessus de la portée des particuliers, on fera encore mieux de ne pas gêner [)ar des privilèges exclusifs la liberté du commerce » (/d., 1, XX, chap. x).