‹ OEconomiques, 1745. Pub. avec introduction et table analytiqueChapitre 7 sur 168 · Février, p. 59 ; mars, p · texte numérisé non relu

Février, p. 59 ; mars, p

3. Dupin dit que, dès 1742, il avait remis ce mémoire aux conseillers du roi et qu'il eu était sorti presque inlcgralemcnt Tarrèt du conseil du roi de septembre 17 i5 dont celui de 1754 n'était que la reproduction. Le journal attribuait à Herbert la thèse de la liberté du commerce des bleds. Dupin voulut marquer sa place parmi les initiateurs de ce mouvement. Cf. Essai sur la police générale des grains de Herbert, 1755, reproduit dans la collection Gcuthncr. en 1910, par Ëdgard Depitre.

du 3® volume ne Test pas du tout. Il arrive que le verso d'une page ne contienne pas de texte ; les fautes d'impression abondent; certaines phrases dépourvues de sens semblent n'avoir été ni relues ni surveillées. Les Réflexions sont anonymes et l'auteur nous dit que l'impression n'en fut faite que « pour lire avec plus de facilité » *. D'après Barbier, l'ouvrage fut tiré à six exemplaires, dont cinq auraient été restitués à l'auteur, sur sa demande, et détiniits. En réalité, il en fut tiré huit, l'indication en est fournie par une lettre de Dupin lui-même à l'abbé de Saint-Cyr, du 10 juin 1759 -. Dupin 7 déclare que deux exemplaires seulement échappèrent à la destruction qu'il en fit. Il en existe un à la bibliothèque de TArsenal, offert au marquis d'Argenson et que celui-ci avait refusé de rendre. Le marquis de Paulmy, fils de d'Argenson, a lu l'ouvragé avec surprise et écrit de sa main, au commencement du volume, une bien curieuse observation ^. On ne sait point où se trouve le second exemplaire dont parle Dupin. Entre les mains du descendant de la famille, le comte de Villeneuve-Guibert, il n'existe que l'original du manuscrit, longtemps conservé à la bibliothèque de Chenonceaux. Les Observations furent tirées à 500 exemplaires *. C'est le seul ouvrage que Dupin semble avoir voulu faire connaître ; le tirage en était important, pour l'époque. Dupin cependant se défend d'avoir eu cette intention. Il écrit : « Pour-

1. Lettre de Dupin au P. Castel, jésuite, rapporté par Du Plessis, loc. cit.

2. Cette lettre est entre les mains de M. le comte de Villeneuve-Guibert.

3. Le marquis de Paulmy avait écrit au catalogue de sa bibliothèque, à raritcle de ce livre, et en parlant de Tauteur : « homme de quelque mérite, mais incapable d'avoir saisi V Esprit des Lois », mais il revînt de ce jugement après avoir lu, et modifia son appréciation sur l'exemplaire même, par une note.

4. On trouve le manuscrit, non autographe d'ailleurs, dans la bibliothèque de M. le comte de Villeneuve-Guibert. Elles parurent sans indication de lieu. et de date et sans nom d'imprimeur, en 3 vol. in-8. Il en existe un exemplaire à TArsenal, un autre à la Nationale ; un 3% non coupé d'ailleurs, est entre les mains de M. de Villeneuve-Guibert.

XZ INTRODUCTION

quoi faire imprimer ce livre ; ce n'est pas pour le public. Notre confiance ne va pas jusque là. C'est pour un certain nombre de personnes dont Tamitié nous est chère. C'est pour leur communiquer notre sentiment et avoir le leur. Des mains plus exercées feront, pour la gloire et pour le public, ce que l'amour de la vérité nous a fait faire pour quelques particuliers. »

En n'écrivant que pour lui-même ou de rares amis, Dupin n'avait d'autre dessein, il le répète à plusieurs reprises, que de servir (c les vérités » auxquelles il tenait. Mais une sorte de pessimisme entravait son effort : il déclare à tout instant qu'il n'espère point voir triompher ces vérités. Il ne leur rend qu'une sorte d'hommage désenchanté. C'est avec simplicité qu'il retire lui-même de la circulation les quelques exemplaires des Réflexions. C'est sans mauvaise humeur apparente qu'il laisse mettre au pilon, sur une intervention de M"** de Pompadour, toute l'édition des Observations. Des 500 exemplaires, une trentaine seulement échappèrent à la destruction : d'après Chamfort beaucoup moins, et cinq seulement auraient été sauvés *.

En témoignant d'une telle indifférence à l'égard de ses œuvres, en donnant cet exemple d'une activité intellectuelle qui n'a point été dénuée de passion et qui sut, cependant, rester modestement repliée sur elle-même, Dupin faisait-il preuve d'abnégation ou, comme on l'a prétendu, était-il simplement prudent? Manquait-il de foi dans ses travaux ou en éprouvait-il un sujet d'alarme ? Les apparences, pour peu qu'elles soient scrutées légèrement, seraient selon cette deuxième hypothèse. Le bibliophile Du Plessis qui n'a admiré de l'œuvre de Dupin que les caractères d'impression, n'a pas manqué d adopter cette explication, la plus propre à donner

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