‹ Œuveres choisiesChapitre 7 sur 33 · MAI · texte numérisé non relu

MAI

Les 20 et 21 , temps pluvieux, vent variable. L'air est froid. Nous vîmes une baleine à portée de pistolet. On prétendit avoir vu des damiers , oiseaux voisins du Gap. Nous vîmes des taille- vents.

Le 26 , vent violent. Vers le soir, un grain nous surprit avec toutes nos voiles dehors. Le vaisseau ne put arriver, il vint au vent et fut coiffé. Vous ne sauriez imaginer notre désordre. Enfin, on manœuvra si heureusement qu'on échappa de ce danger, où il pouvait nous en coûter au moins nos mâts. Nous vîmes les mêmes oiseaux. Nos pauvres matelots sont bien fatigués : après un orage , on, ne leur donne aucun rafraîchissement.

Tai admiré souvent le lever et le coucher do soleil. (Test un spectacle qu'il n'est pas moins difficile de décrire que de peindre. Figurez- vous à l'horizon une belle couleur orange qui se nuance de vert, et vient se perdre au zénith dans une teinte lilas , tandis que le reste du ciel est d'un magnifique azur. Les nuages qui flottent ça et là sont d'un beau gris de perle. Quelquefois ils se disposent en longues bandes cramoisies , de couleur ponceau et écarlate ; toutes ces teintes sont vives , tranchées, et relevées de franges d'or.

Un soir les nuages sedisposèrent vers l'occident sous la forme d'un vaste réseau , semblable à de la soie blanche. Lorsque le soleil vint à passer derrière , chaque maille du réseau parut relevée d'un filet d'or. L'or se changea ensuite en couleur de feu et en ponceau , et le fond du ciel se colora de teintes légères de pourpre , de vert et de bleu céleste.

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