‹ Œuvre amoureuse et sentimentaleChapitre 150 sur 172 · QUOI! CETTE FILLE D'AUBERGE · texte numérisé non relu

QUOI! CETTE FILLE D'AUBERGE

Quoi! Cette fille d'auberge, Dont je suis amoureux fou, Se flatte aussi d'être vierge Lorsque je la baise au cou.

Toujours cette comédie, Qu'elles soient filles de princes, Aux yeux baissés ou hardies, Aux poignets épais ou minces.

Toutes les filles sont vierges!

Et même après cent amants,

Leur cœur est blanc comme un cierge,

On a leur premier serment.

Que m'importe, aimable simple, Si l'on chiffonna ton col, Si Ton déchira ta guimpe, Si ton amour prit son vol?

— Si -je t'aime à la folie, C'est jusqu'à demain matin...

Pourvu que tu sois jolie, Que ta peau soit de satin,

Avec un brin de lavande Dans tes cheveux mal noués, Avec tes yeux en amande Et ce sourire enjoué,

C'est assez pour qu'en silence, Je berce un charmant regret, Dans la jaune diligence, Demain, le long- des forêts.

Mais certes, je n'aurai garde De conter au postillon,

— Un homme à mine gaillarde, Un trousseur de cotillons —

Que j'ai vu ton scapulaire Sur la neige de ton cou, Que tu n'as pas fait mystère D'un signe près du genou;

Il connaît cela, je gage

— A dire, tout n'est pas bon — Et je suis quand je voyage L'ami de mon postillon.

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