‹ Œuvre amoureuse et sentimentaleChapitre 36 sur 172 · LE ROI LÉPREUX · texte numérisé non relu

LE ROI LÉPREUX

Je suis un roi lépreux qu'on ne sait pas malade,..

Je m'enfonce parmi les joyaux de mon trône.

Mes doigts blancs sont couverts d'épais anneaux de jade

Et mon front est caché par un cercle en or jaune.

Sous les ornements d'or et la pourpre écarlate, Sous la croix pectorale et les bijoux qui sonnent Je suis éblouissant, je rutile, j'éclate. Mais l'on verrait mes os si j'ôtais ma couronne.

Si j'écartais la pourpre et je jetais les bagues Et si j'apparaissais gonflé, mangé, livide, Les courtisans s'écouleraient comme une vague Et même les mendiants fuiraient mon palais vide.

Car j'ai voulu vêtir la pourpre merveilleuse

Du bonheur, et j'ai mis les sept colliers du rire.

L'aigrette de la joie en perles précieuses,

Pour être un roi puissant que les peuples admirent.

Mais le roi quelquefois rêve d'être sincère Et, devant les valets, les bouffons qui l'acclament. D'ouvrir les plis en feu de sa robe solaire Pour montrer quelle lèpre a dévoré son âme...

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