‹ Œuvre amoureuse et sentimentaleChapitre 46 sur 172 · DEPART · texte numérisé non relu

DEPART

Amie, à cette portière Ne vous penchez pas ainsi.

La gare a trop de lumière, Mon âme trop de soucis.

N'ôtez pas votre voilette,

Pour un baiser c'est trop tard...

Allez, un signe de tète

C'est bien assez quand on part.

Ne me donnez pas vos roses, Là-bas s'agite un fanal...

Ne me dites que des choses Qui ne me feront pas mal.

Cette cloche est lamentable...

Des gens courent sur les quais...

Ali ! qu'ils sont interminables Les trains qu'on n'a pas manques

Avez-vous des couvertures?

Le petit jour est glacé.

Vous fermerez vos fourrures Sur notre bonheur passé.

Et clés coussins, ma chérie ?

Le wagon serait trop dur Pour la tête défleurie Et les cheveux d'or obscur.

Oui, j'ai tout.... Adieu madame.

Mais le coussin le plus doux Sur lequel on met son âme Dites-moi, l'emportez-vous?

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