‹ Œuvre amoureuse et sentimentaleChapitre 47 sur 172 · SI J'AI PU L'OUBLIER · texte numérisé non relu

SI J'AI PU L'OUBLIER

Si j'ai pu l'oublier, c'est qu'elle fut très bonne, C'est qu'elle vint me voir encor longtemps après, C'est qu'avec la chaleur de toute sa personne Elle a chauffé d'amour la chambre où j'attendais.

Elle a su me parler d'une amitié profonde, En écartant l'amour, sans me faire souffrir Et mêler ces deux mots pour que je les confonde, De même qu'au malade on dit : Tu vas guérir...

Mais qu'importent les mots ! C'est surtout sa présence Qu'il me fallait, la sentir près, la voir encor, Être encor pénétré de la douce influence De cet ange gardien casqué de cheveux d'or.

Si j'ai pu l'oublier, c'est qu'elle fut très douce Pour m'expliquer que mon malheur n'existait pas Et qu'elle n'eut jamais un geste qui repousse, Sans pourtant rien donner, quand je tendais les bras.

Si j'ai pu l'oublier, c'est qu'elle fut fidèle Et qu'elle m'a souri même ne m'aimant plus. Un jour, je lui dirai ce que je pense d'elle Quand je pourrai parler sans être trop ému.

lies Soifs d'Opium

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