‹ Œuvre amoureuse et sentimentaleChapitre 61 sur 172 · LA NUIT SANS AMOUR · texte numérisé non relu

LA NUIT SANS AMOUR

Le silence des nuits maléfiques et douces Planait dans les rideaux, les fleurs et les coussins. Les tapis étaient verts, les lampes étaient rousses J'aurais pu te toucher en étendant la main.

Je voyais près de moi les choses bien-aimées Qu'embellissaient le rythme inconnu de ton sang-, L'ivoire, les flacons, le Bouddha, la fumée, Tous les dieux étaient là... Ton cœur était absent.

Un masque d'étrangère était sur ton visage.

Rien n'était familier dans mon appartement.

Et dans tes yeux mi-clos je suivais le passage

D'autres hommes plus beaux et d'endroits plus charmants.

Et tu te tenais là, si proche et si lointaine! Ta mauvaise bonté consentait par moments A me faire le don d'une parole vaine, A caresser des doigts mon front distraitement.

Qui sait! Sous le peignoir transparent, presque nue Peut-être aurais-tu mis ton corps contre le mien. Au fond, pour te donner n'étais-tu pas venue, Par ennui, par dégoût, par regret ou pour rien.

Mais non! j'ai repoussé la main compatissante. Sympathie! 0 secret de l'âme et de la chair.

Nous ne saurons jamais quelle force puissante Fait l'un indifférent tandis que l'autre est cher.

LES soirs d'opium 75

Les petits bruits du thé troublèrent le silence... La lampe et le baiser moururent tour à tour... Nous étions seuls malgré notre double présence. Que la nuit est amère et longue sans amour !...

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