A UNE AMIE
Retire ta main, je ne t'aime pas, Car tu l'as voulu, tu n'es qu'une amie. Pour d'autres sont faits le creux de tes bras Et ton cher baiser, ta tête endormie.
Ne me parle pas lorsque c'est le soir, Trop intimement, à voix basse même.
Ne me me donne pas surtout ton mouchoir : Il renferme trop le parfum que j'aime.
Dis-moi tes amours, je ne t'aime pas, Quelle heure te fut la plus enivrante Et s'il t'aimait bien ou s'il fut ingrat... En me le disant, ne sois pas charmante.
Je n'ai pas pleuré, je n'ai pas souffert, Ce n'était qu'un rêve et qu'une folie.
Il me suffira que tes yeux soient clairs, Sans regret du soir ni mélancolie,
Il me suffira de voir ton bonheur.
Il me suffira de voir ton sourire.
Conte-moi comment il a pris ton cœur Et même dis-moi ce qu'on ne peut dire...
Non, tais-toi plutôt... Je suis à genoux... Le feu s'est éteint, la porte est fermée... Ne demande rien. Je pleure... C'est tout... Je ne t'aime pas, ô ma bien-aimée!...