‹ Œuvre amoureuse et sentimentaleChapitre 98 sur 172 · SON BONHEUR · texte numérisé non relu

SON BONHEUR

Certes, tu ne me disais rien, Mais je te sentais offensée, A ton regard, à ton maintien, Par quelque jalouse pensée.

J'ai compris et, joyeusement, J'ai pris tous les portraits de femme, Les lettres, les fleurs, les rubans.

Et les ai jetés dans les flammes.

Mes amis t'étaient importuns.

C'est le fait des grandes tendresses; Je les ai chassés un par un :

Ainsi l'on chasse sa jeunesse.

Un bruit de plume ou de papier D'un autre rêve était l'emblème, Le cœur se croit vite oublié :

J'ai déchiré tous mes poèmes.

Mais je chérissais peu à peu Les tableaux, les fleurs, les images, Les meubles, la lampe et le feu...

Nous sommes partis en voyage...

Et quand, de ville en ville errant, J'eus cessé (l'écrire à mon père, Quand j'ouvris mes bras en pleurant N'ayant plus que toi sur la terre,

LES LÈVRES ET LE SECRET l3j

N'ayant que tes yeux pour douleur, N'ayant que tes bras qui m'abritent, Alors tu m'as dis : Je te quitte, Tu ne fais rien pour mon bonheur.

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