‹ Œuvre choisi de CanovaChapitre 15 sur 33 · VÉNUS VICTORIEUSE · texte numérisé non relu

VÉNUS VICTORIEUSE

Vénus, Pallas et Junon se disputant la prééminence sur le mont Ida, ont paru a quelques explorateurs du génie des peuples anciens une allégorie qui exprimerait les puissances rivales de la Force, de lTntelligcnce et de la Beauté. Le triomphe de cette dernière puissance n’a point fait renoncer à ce système.

Quoi qu’il en soit, le sujet a souvent exercé la peinture et la statuaire. Le triomphe de la beauté mérite d’être célébré dans tous les arts. L’artiste a retracé Vénus dans le calme de sa victoire; elle jouit avec orgueil de ses récens souvenirs; ses yeux sont fixés avec complaisance sur la pomme (pie vient de lui décerner l’heureux pasteur.

Ce repos donne une brillante attitude. Posée sur un lit grec, le torse élevé par de riches coussins, la déesse est sous l’aspect le plus favorable aux développemens de sa beauté.

On la dirait vivante. Le sculpteur de Venise semble avoir emprunté pour son ciseau quelque chose de la douceur des pinceaux du Titien, son compatriote. La grâce avec laquelle les épaules et le cou sont attachés, les lignes du torse, les extrémités précieusement finies, forment une série de perfections que les élèves ne sauraient trop étudier, et dont on trouverait difficilement un modèle autre part que dans un autre ouvrage de Canova. Nous aurons plus tard occasion de l’examiner.

On sait que la tête de la Vénus victorieuse est un portrait de la princesse Pauline Borghèse.

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