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La danse est un plaisir de tous les peuples, on la croil un goût naturel; et il se développe d’autant plus que la nature est plus indulgente pour les diverses contrées de la terre. On pourrait, a dit un philosophe, compter par les degrés de latitude quelles sont les nations chez lesquelles le goût de la danse est le plus développé. Un climat rigoureux, un sol stérile, imposent a 1 homme la nécessité de ne songer qu’à scs besoins; l'habitant des cotes désolées du Groenland danse peu, tandis que pour les heureux insulaires de la mer du Sud, cet exercice est une passion.
Une femme de beaucoup d’esprit a composé sur ce sujet un livre plein de recherches curieuses. Elle a prêté à la danse toute la grâce que cet art reçoit de son sexe. Une telle matière traitée ex projesso n’exclut ni la philosohie ni la profondeur; et la plume de madame Yoïard a Péléganté légerete de Bathile. C’est dans ses pages harmonieuses qu’il faut chercher 1 origine, les développemens, les caractères différens de cet art que Simonide a defini la poésie muette. Depuis Homère jusqu’à nous , vous verrez toutes les Muses célébrer la danse et remercier les dieux de ce bienfait. Vous apprendrez avec l’aimable au-teur ce qu’était P orclies trique et la palestrique , la sainte , la divertissante , \hormus , inventée parle grand Lycurgue, et ce cordax bouffon qui n’était point la course cadencée que fournissaient lesSpartiates en volant au combat. Vous suivez sans efforts les gracieuses modifications de la danse et l’histoire des prodiges qu’elle a opérés. Tantôt, sous les traits d’une Ménade couronnée de pampres, elle agite le thyrse, elle crieEvoé en frappant le tambour aux fêtes Dyonisiaques; et tantôt, pudique canephore, le front ceint de bandelettes sacrées, elle porte avec respect 1 arche d Yacchus, les saintes offrandes, le van mystérieux.
Des Egyptiens et des Hébreux , vous viendrez aux peuples modernes. Vous ferez un cours de menuets , de gavGttes , de contredanses. Vous passerez de la bourrée rustique à la walse un peu civilisée; et des lourds passepieds bretons, aux légers fandangos . Ce livre vous fera traverser sans fatigue tout l’espace et le temps qui sépare Trénitz de Pylade, les cirques romains de l’opéra de Paris.
La politique s’est quelquefois emparée de ce plaisir pour le gouverner, mais elle n’a pu le gâter encore; l’origine de la danse est trop essentiellement liee à notre nature. L’homme primitif saisit un jour la main de ceux qui 1 environnaient , et se mit à bondir en formant un cercle. La ronde est la première des danses : elle est l’heureux emblème de la concorde, le premier pas de la civilisation.
Interprète de rapides mouvemens de la pensée et de l’agitation la plus secrète du cœur, la danse n’a pas besoin de la nouveauté pour fixer l’inconstance de la mode : elle jouira de la même prérogative tant que les sentimens qui ont guidé ses premiers pas ne seront pas exilés du monde.
Publié par Audot
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