DÉESSE DE LA CONCORDE
Ce grave et majestueux sujet a fourni au sculpteur l’occasion de développer des qualités de talent qui étaient jusqu’alors inconnues à ses admirateurs. Car, s’il avait montré que son ciseau se prêtait, dans les monumens funèbres, à toutes les expressions du recueillement et de la mélancolie, il lui restait encore à s’élever à la dignité du trône, et à cette protection calme et sublime du pouvoir immuable qui veut la paix.
Il choisit l’impératrice Marie-Louise pour son modèle. Idée heureuse, et qui s’associait parfaitement aux sentimens qu’il voulait rendre, si l’on se souvient de l’époque oii cette princesse vint régner sur la France.
La statue est assise sur un trône impérial. La simplicité du geste, la sévérité de la composition, les grandes lignes du monument, rappellent ce que Pausanias a décrit des divinités de Mégalopolis. Nous doutons qu’il y eût plus de majesté dans les figures de Minerve à Tégée, de Junon à Argos, de Latone à Mantinée.
La Concorde tient le sceptre d’une main, et de l’autre une patère, instrument des sacrificateurs. Il semble qu’elle veuille indiquer aux hommes, par cet emblème, qu’ils doivent être préparés h de continuels sacrifices pour mériter ses dons. Ses pieds reposent sur une estrade. Une draperie flottante descend de sa tête couronnée ; son cou est orné d’une chaîne magnifique; son expression est tout entière celle de la noblesse et de la bonté.
Les draperies sont belles et d’un style très élevé. Qui doute que, si cette statue eût été trouvée dans les laves d’IIerculanum , sous les débris de la roche Tarpéienne, ou parmi les cendres de Pompéi, elle n’eût paru digne de la réputation des sculpteurs antiques?
La statue de la Concorde est à Parme.
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Publia par Au dot